Précarité et ubérisation dans la culture

La commission juridique

Depuis le début de l’année, on travaille avec des avocats conseils, qui peuvent également agir : en droit privé Lucie Marius et Juliette Bourgeois, en droit administratif Thibault Laforcade.

Le but est d’avoir une bonne expertise technique juridique du dossier et de réfléchir ensemble sur les perspectives syndicales prioritaires, les perspectives de luttes.

La commission sert à accueillir les gens qui ont des problèmes, ils sont nombreux. Cela se passe mal partout, en privé comme en public. C’est l’occasion d’élaborer ensemble des stratégies de défense et d’observer les récurrences dans le monde du travail en termes de harcèlement moral, abus managériaux liés, harcèlement sexuel… Il y a beaucoup de choses.

Cette observation des principaux problèmes permet d’élaborer des fiches outils disponibles pour tous et sert de support de réflexion.

En cours d’année, on a été contactés par des médiateurs et médiatrices culturels, surtout de la Fondation Cartier, pour nous dire qu’on les emploie sur des petits contrats, des CDD d’usage.

L’évolution du monde du travail

C’est ce qu’on perçoit déjà ailleurs, des emplois sur des besoins permanents avec des contrats initialement prévus pour des extras et qui coupent toute possibilité de se projeter sur le plan professionnel, qui précarisent. Cela empêche aussi l’organisation syndicale, on ne peut pas créer une section, on ne peut pas se présenter à des élections. C’est le couperet, si on commence à l’ouvrir, on est vite black-listé. La Fondation Cartier a été un exemple. Malgré les tentatives de négociation cela s’est
fini par une éviction de la plupart des salarié·es.

Actuellement, on peut voir l’usage massif d’un panel de contrats courts et le recours de plus en plus fréquent à l’externalisation par le biais d’agences qui prennent en charge la gestion autrefois assurée par
les entreprises. Ces agences grossissent et négocient auprès des établissements pour obtenir des prestations au détriment des gens qu’ils emploient.

Pour les personnes qui travaillent on constate un cumul des statuts, on est à la fois salarié·e quelque part, micro-entrepreneur·euse, etc. Cela complexifie e leur compréhension et leur faire-valoir au droit aux couvertures sociales, au chômage, etc. Le contrat commercial se substitue de plus en plus au contrat de travail. Il y a une évolution du rapport de subordination qui reste bien réel et on voit une inversion avec le/la salarié·e qui devient autoentrepreneur·euse et le/la patron·ne qui devient le/la client·e. Il y a une confusion dans les termes, toujours au détriment des travailleurs et travailleuses.

Au sommaire

  • Introduction (voir ci-dessus)
  • Statuts et contrats précaires dans la Culture
  • Outils juridiques judiciaires pour les salarié·es précarisé·es
  • Petite histoire de la précarisation dans la fonction publique et le milieu culturel et présentation
  • des niveaux d’action en droit administratif
  • Présentation du régime social des artistes auteur·ices
  • Témoignages sur la médiation culturelle, la lutte à Cartier et la prestation de services à la Bourse de commerce – Pinault
  • Présentation de l’évolution du métier de guide conférencier·ère
  • Comment réagir et défendre les salarié·es face au phénomène de l’externalisation

Mobilisation à la BnF : Seule la lutte paie !

Après 4 mois de mobilisation et 24 jours de grève à la BnF, la lutte contre la précarité, le sous-effectif et les mauvaises conditions de travail a enfin porté ses fruits ! Une démonstration que c’est par la mobilisation collective et le rapport de force que nous pouvons toutes et tous faire appliquer nos droits et en gagner de nouveaux.

Affiche victoire de la lutte des précaires à la BnF
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soutien à Victoria Soufflet : contre la transphobie et la précarité du statut d’artiste-auteur·ice !

En 2023, Victoria artiste plasticienne, gagne un prix du salon de Montrouge. 

Ce prix prend la forme d’un contrat de production et d’exploitation des droits d’auteurs avec l’association Orange Rouge, dans lequel l’artiste doit réaliser une œuvre en collaboration avec une classe ULIS d’un collège. Cette œuvre devra être exposée dans un lieu communiqué ultérieurement.  En 2024, Victoria se rend dans un collège afin de réaliser ses ateliers avec les enfants. Elle y est victime de propos transphobes de la part d’une élève.

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Nous déposons plainte contre 4 établissements culturels !

Nous, Sud Culture, SUD P2STet Solidaires, visons 3 établissements publics : le Palais de la Porte Dorée, le Musée du Louvre et le MUCEM et 1 établissement privé : la Bourse du Commerce – Pinault Collection, mais aussi les sociétés privées Marianne International, MUSEA et Pénélope pour « Prêt de main d’œuvre illicite » et « délit de marchandage« .

  • Des salarié-es à l’avant-garde du combat

Depuis plusieurs mois, des salarié·es du secteur culturel se mobilisent contre leurs conditions de travail dégradées. Ces salarié·es ont en commun de travailler pour des sous-traitants d’établissements dédiés à la culture, qu’ils soient publics ou privés.

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Soutien au mouvement de lutte du collectif Sous les écrans la dèche

SUD Culture Solidaires, composé de travailleurs·ses du monde de la culture aux statuts et régimes multiples, ne connaît que trop bien la précarité imposée dans notre secteur d’activité. Certain·es d’entre nous sont en lien réguliers avec les festivals de cinéma et leurs travailleur·ses. Ils nous permettent de montrer nos films pour certain·es, de travailler pour d’autres.

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