AVIGNON : Les intermittents n’excluent pas de faire capoter le Festival

Les intermittents de la CGT et de Sud Culture n’ont pas l’intention de laisser une minute de répit au nouveau ministre du Travail, pas plus qu’au nouveau maire d’Avignon. Ils veulent que le gouvernement retoque la réforme de l’assurance chômage signée par le Medef, FO, la CFDT et la CFTC. La candidate socialiste Cécile Helle s’était engagée à soutenir leurs revendications pendant la campagne des municipales, à peine élue maire de la cité des papes, ils lui rappellent ses promesses. «Ce sera chose faite demain ou après-demain», promet son cabinet, en pleine transition post-électorale.

C’est que le dossier est brûlant. Le ministre du Travail doit, en effet, se prononcer d’ici l’été sur la nouvelle convention Unedic. La CGT et Sud Culture l’exhortent à refuser son agrément.

Ils promettent sinon une mobilisation comparable à celle de 2003. Un combat dont les Avignonnais se souviennent puisqu’il a entraîné l’annulation du Festival.

Signe de la crispation naissante, la réactivation de la coordination nationale des intermittents qui ne s’était plus réunie depuis 10 ans. «Notre levier, c’est la grève, prévient Guigou Chenevier de Sud Culture, elle est clairement envisagée, on n’a pas d’autres moyens de lutte.»

S’ils exigent l’abandon du projet, ils ne sont, pour autant, adeptes du statu quo. La CGT, Sud, la coordination nationale, les associations et collectifs du secteur travaillent, en effet, sur des propositions visant à apporter plus de justice dans le système d’indemnisation chômage des intermittents et à dégager des économies.

«Notre plateforme revendicative a même été chiffrée : 100 à 150 millions d’euros de moins que le système actuel chaque année», assure Claude Attia, de Sud Culture. L’accord conclu par patronat en permettrait 165 millions, «dont 80% faites sur les petits et moyens salaires», poursuit-il.

Eux proposent le retour à une date anniversaire et l’ouverture de droits à indemnisation dès 507h de travail sur 12 mois, la même réglementation pour les artistes et techniciens, un plafonnement annuel (salaire+indemnité) de 3400€/mois, prenant en compte des heures de formation données, des congés maladie et maternité.

«Notre levier, c’est la grève (…) on n’a pas d’autre moyen de lutte»


L’article sur le site Du Dauphiné

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Ami-e entends-tu… C’est l’alarme !

Alors que nous rédigeons ces lignes sans connaître le sort qui sera réservé au Ministère de la Culture, notre seule certitude est bien celle d’une impérative mobilisation de toutes et tous.

Pas seulement pour résister à la technocratisation des politiques publiques, au délitement des solidarités sociales, à la mainmise de la finance sur nos vies, à la vision d’une humanité réduite à sa consommation de biens matériels….

Mais pour passer à l’offensive :
Redonnons du sens à nos vies, inventons de nouveaux modes du vivre ensemble, redéfinissons notre identité citoyenne.
Servons nous de cette crise pour redonner du sens à la politique, affirmer notre capacité collective d’invention de nouveaux modèles sociaux.

Le nouveau gouvernement fera-t-il enfin de la politique plutôt que de l’économie ?

Le maintien ou non de notre ministère en sera certainement un signe !

Il ne s’agit pas de réclamer le classement comme trésor national et monument historique du ministère de la Culture qui a besoin de se réformer et de trouver un nouveau sens dans une société qui a évolué en 50 ans.

Il s’agit de nous tourner vers l’avenir en le refondant !

Construire un nouveau pacte pour la culture

Redonnons à ce ministère un objet politique : réconcilier la culture du pauvre avec la culture du riche, la culture du vieux avec la culture du jeune, la culture d’ici avec la culture d’ailleurs.

 Redonnons à la culture un objectif de lien social entre toutes les composantes d’une société, de construction d’une identité qui ouvre à l’autre et ne nous replie pas sur la sphère familiale, ni ne nous enferme dans une classe sociale ou une origine géographique !

Voilà notre aspiration et notre exigence : ne pas nous réduire à l’homo economicus, ne pas nous définir en coût et bénéfice mais contribuer à rebâtir des espaces d’échanges pour que chacun-e participe à la résolution de la crise actuelle et n’attende pas la survenue de l’homme ou la femme providentielle qui aurait la solution à tous nos maux.

Oui, plus que jamais l’action politique doit dépasser l’action économique car c’est une crise du vivre ensemble et de l’identité que nous devons affronter.

 La vocation d’une politique culturelle ne doit pas être la création de profits mais la création d’espaces de réconciliation et la réappropriation par toutes et tous du monde dans lequel nous vivons.

Ce ministère doit redevenir un ministère militant, un ministère qui travaille à un idéal et non une administration dont toute l’énergie est dirigée vers son propre fonctionnement !

 Bien sûr qu’il faut des moyens pour la culture mais c’est de soutien politique aux actions culturelles que ce ministère a le plus besoin !

Le ministère de la culture est mort, Vive le ministère de la Culture et de l’Éducation Populaire !

Paris, le 01/04/2014

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Chômage, intermittence, précarité, il n’est pas trop tard !

Chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires, avec ou sans papiers, solidarité !

Partout en France la lutte continue, pour dénoncer l’accord conclu au Medef, pour empêcher que le gouvernement agrée cet accord, pour faire entendre nos propositions et exiger de nouveaux droits.

Ci- dessous le communiqué de presse de militants suite à l’intervention parisienne du mardi 25 mars.


Mercredi 26 mars, Rdv à partir de 13 h

à la Générale Parmentier, 14 avenue Parmentier Métro Voltaire

Pour continuer la lutte


Nous sommes intervenus ce soir à 20h30 au 10 rue Hyppolite Lebas, Paris 9 lors de la soirée de présentation de la liste conduite par Anne Hidalgo au second tour suite à la fusion de listes présentes au 1er tour des municipales. Des chômeurs, intermittents et intérimaires en lute ont déployé une banderole  » C’est l’emploi qui est intermittent  » en tentant d’interpeller Anne Hidalgo et ont été expulsés manu militari par le service d’ordre.

Quelque minutes plus tard, Anne Hidalgo et son équipe ont eu la surprise de se faire interpeller à nouveau par une personne présente : « Puisque vous parlez de solidarité et de bienveillance, de quelle solidarité et de quelle bienveillance avez-vous fait preuve en faisant expulser les occupants du Carreau du Temple ce 23 mars peu après la fermeture des bureaux de vote ? De quelle solidarité et de quelle bienveillance avez-vous fait preuve en faisant gazer les précaires venus vous interpeller à votre QG de campagne ? ». Elle s’est également fait expulser de la salle sans qu’aucune réponse ne soit donnée.

Les précaires étaient venus pour dialoguer avec la candidate socialiste à la Mairie de Paris et lui demander de prendre position afin que la majorité gouvernementale refuse d’agréer le récent accord sur l’assurance chômage. Elle a préféré quitter les lieux par une porte dérobée..

IL N’EST PAS TROP TARD

Le 22 mars un nouvel accord a été conclu sur les règles relatives à l’assurance chômage. Cet accord nuisible détruit encore davantage les droits sociaux de tous, en s’attaquant aux chômeurs et à tous les précaires, intérimaires, intermittents, travailleurs à activité réduite, alors qu’il s’agirait d’encourager le système mutualiste fondée sur la solidarité interprofessionnelle.

Aujourd’hui déjà un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, cet accord va encore aggraver la situation. Le MEDEF continue à prendre de l’argent là où il y en a le moins : les économies annoncées sont faibles et pèsent sur le dos des plus précaires.

Quelques exemples :

 L’annexe 4 qui régit l’indemnisation des intérimaires est vidée de substance, cela signifiera pour 60% d’entre eux une baisse de leur allocation mensuelle de 50 à 300 euros.

 Concernant les annexes 8 et 10 des intermittents du spectacle, l’accord reprend les dispositifs de 2003 et les aggrave. Le nouvel texte fixe un plafond de revenu qui ne concerne que quelques personnes et ne produira que des économies négligeables. Des chômeurs devront parfois attendre plusieurs mois avant de toucher leur allocation. Des augmentations de cotisations menaceront l’activité des petites structures du spectacle et du cinéma.

 Dans le régime général, des indemnités de licenciement pourront dans certains cas réduire considérablement les droits à l’allocation. Les plus de 65 ans devront cotiser à l’assurance chômage alors qu’ils en étaient dispensés. Les fameux « droits rechargeables » , présentés comme un progrès, entraineront très souvent la baisse des allocations.

Nous sommes donc tous concernés. Il n’est pas trop tard pour réagir. Si l’accord n’est pas agréé par le Ministère du Travail, il ne sera pas appliqué. Rappelons que cet accord entérine un protocole Unedic de 2003 régissant les annexes 8 et 10 que FO avait refusé de signer, rappelons que la majorité politique actuelle s’y était opposé à l’époque, rappelons que cet accord a été négocié dans les locaux du MEDEF avec des méthodes qui constituent un réel déni de démocratie et une violation manifeste du droit du travail.

Informons-nous, luttons, faisons pression sur le gouvernement pour qu’il refuse l’agrément.

Jusqu’ici, seule la lutte a payé, continuons !

Contact presse : 06 69 58 82 77

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Évacuation du Carreau. La lutte continue !

vous trouverez ci-dessous le dernier communiqué des chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires, avec ou sans papiers envoyé à la presse à 22h15, soit 5 minutes avant l’évacuation violente du Carreau du Temple….
Les mobilisations et actions vont continuer, doivent continuer pour empêcher l’agrément de l’accord par le gouvernement.

Quelques rendez-vous déjà :

Lundi 24 mars :

  • Marseille à 10h Friche Belle de Mai
  • Montpellier à 12h cour de l’Agora
  • Paris à 18h à la Commune Libre d’Aligre – 3 rue d’Aligre – 75012.

Mardi 25 mars :

  • Avignon à 12h15 au local de Solidaires 84, 79 avenue Montclar.
  • Toulouse à 14H au TNT.

Les socialistes sont-ils les amis des précaires ?

Aujourd’hui, 23 mars, à la 56ème heure d’occupation du Carreau du Temple, nous, précaires, chômeurs, intermittents, intérimaires, avec ou sans papiers, déplorons l’attitude de la Ville de Paris qui refuse de répondre à nos demandes et met en danger le travail d’artistes plasticiens dont nous nous sentons solidaires.

Scandalisés par l’accord UNEDIC signé par des syndicats non-représentatifs dans la nuit du 21 au 22 mars, nous avons besoin d’un lieu pour nous réunir et faire entendre notre opposition à ce texte qui s’attaque aux droits des plus précaires et des plus pauvres.

Alors qu’une manifestation artistique, Drawing now, doit se tenir au Carreau du Temple, et que nous voulons permettre sa tenue en déménageant au sous-sol pour y tenir des réunions et assemblées générales, la Ville de Paris met en danger cette manifestation en laissant s’enliser la situation.

Elle ne nous propose aucun lieu digne de ce nom, refuse notre proposition de déménager dans les salles existant dans le sous-sol du Carreau du Temple. Simultanément, elle prépare avec la Préfecture l’évacuation policière et cherche à se défausser sur des précaires des responsabilités financières de sa lamentable attitude.

Se retranchant dans un silence dû à la campagne électorale, Mme Anne Hidalgo croit que l’hypocrisie est la solution. Voulant éviter une évacuation musclée avant le premier tour des Municipales, la Ville s’empresse de collaborer avec les forces de police dès la fermeture des bureaux de vote.

On jugera cette attitude à l’aune des réactions gouvernementales à l’accord UNEDIC.

Les négociations se sont déroulées dans des conditions scandaleuses et contraires au droit (conciliabules organisés par le MEDEF dans les couloirs, accords opaques entre le MEDEF et des syndicats), mais les ministres Sapin et Filippetti font mine de se réjouir de cette nouvelle convention qui aggrave la condition des précaires.

Ainsi les intérimaires perdront jusqu’à 300€ par mois d’allocations chômage, et les intermittents feront face à des mesures discrètes (carence, augmentation des cotisations) qui les précipiteront dans une précarité plus grande encore, et endront un grand nombre d’entre eux corvéables à merci.

C’est le « dressage à l’emploi », selon les règles du workfare cher à Tony Blair et à Gerhard Schröder, qui est défendu ici par le gouvernement socialiste.

Les intermittents ne se laisseront pas endormir par la propagande médiatique sur le « sauvetage miraculeux » des annexes 8 et 10.

Forts de leur mobilisation, de leur expertise, de cette intelligence collective qui s’est développée dans la lutte, les intermittents se sentent solidaires des intérimaires, chômeurs, précaires, avec ou sans papiers, et les appellent à construire ensemble la risposte.

Obligeons les confédérations syndicales CFDT et FO à ne pas persister dans la honte – obligeons-les à ne pas ratifier l’accord du 22 mars ou ils seront à jamais considérés comme des syndicats « jaunes » à la botte du MEDEF.

Faisons pression sur le gouvernement pour qu’il ne ratifie pas l’accord Unedic du 22 mars. Ainsi il ne pourra pas être appliqué. S’il l’est, le gouvernement socialiste en portera l’entière responsabilité et nous saurons nous en souvenir.

Jusqu’ici, seule la lutte a payé, continuons !

Les Occupants du Carreau – du dedans et du dehors

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