L’art devant les juges

En 2000, l’exposition «Présumés innocents – L’art contemporain et l’enfance », présentée au CAPC, Musée d’art contemporain de Bordeaux, s’était attirée l’ire de La Mouette, association active dans la protection de l’enfance qui s’était illustrée en portant plainte contre tous les participants. Six ans après, la justice qui n’en
finit pas d’être empêtrée dans ses dysfonctionnements, a cru utile de mettre en examen Henry-Claude Cousseau, ancien responsable du musée et actuellement directeur de l’ENSBA. Les motifs en sont ceux qui, en principe, visent trafiquants de cassettes et réseaux pédophiles : diffusion de messages violents à caractère
pornographique ou contraires à la dignité accessibles à un mineur et diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique.

Pourtant, des panneaux de mises en oeuvre en garde et des circuits balisés pour éviter certaines œuvres supposées pouvoir troubler le jeune public et les âmes sensibles, avaient été spécialement mis en place. De nombreux élèves des écoles ont visité l’exposition en compagnie de leurs professeurs qui ont, depuis, confirmé la qualité et la haute tenue d’une manifestation destinée à mieux comprendre le monde de l’enfance.

Sud Culture Solidaires s’élève avec force contre cette censure intolérable qui illustre parfaitement la volonté de réprimer toutes les formes de création artistique qui refuseraient de se soumettre au carcan intégriste d’un prétendu ordre moral, puritain ou religieux.

Tentative de censure d’une affiche pastichant la Cène de Léonard de Vinci, affaire des caricatures de Mahomet, retrait d’un triptyque photographique intégrant L’Origine du monde de Courbet…, le contexte actuel est plus que jamais propice à la censure et au retour à « l’ordre moral ». L’autocensure menace d’ores et
déjà la création de glaciation.

Quel champ d’exploration pour l’art s’il faut désormais systématiquement craindre les foudres d’une censure dont les bornes sont dangereusement extensibles.

Chaque artiste devra t’il désormais s’attacher les services d’un conseiller juridique avant de diffuser ses oeuvres ?

Parce que nous sommes tous concernés, Sud Culture Solidaires vous invite à signer massivement l’appel de soutien à Henry-Claude Cousseau en envoyant un mel, avec vos noms, prénoms, qualité et ville à :

soutienhccousseau

Censure a posteriori d’une exposition =
Censure a priori pour la création actuelle et en devenir

SGPA-CGT SUD Culture Solidaires SNAC-FSU CNT-CCS CFDT Culture

Nouvelle réunion sur la CDIsation le 4 décembre.

Les propositions de l’administration :

•Volume d’emplois autorisés pour 2007 : 1753 ETP CDI (1410 ETP CDI en 2006) et 50 ETP CDD assurés uniquement pour un an (après…?).

•Sur un volume estimé à 400 ETP en besoins permanents, le Ministre, le 13 novembre, s’est engagé à la CDIsation de 350 à 400 agents. Le 4 décembre le ministère de la Culture nous propose 343 ETP CDI auxquels la Direction de l’Inrap soustrait les 24 postes du recrutement 2006.

Résultat : 319 CDI seulement au titre de la résorption de la précarité

L’intersyndicale exige 4 00 CDIsations NETTES, à hauteur des besoins permanents. Le Ministre
doit honorer ses engagements : 24 postes en 2006 et 350 à 400 CDIsations en 2007.

POUR NOS EMPLOIS, TOUS EN GREVE
LE 8 DECEMBRE

 pour que le Ministre tienne ses engagements : 400 CDIsations en 2007 en plus des 24 postes
de 2006.

 pour répondre au plan de charge qui s’annonce pour 2007, il faut obtenir le déplafonnement à hauteur de 2000 ETP.

L’Intersyndicale appelle les agents à participer massivement aux actions dès le vendredi 8 décembre 2006.

C’EST MAINTENANT QU’IL FAUT AGIR.

Paris, le 04 décembre 2006

L’intersyndicale a déposé un préavis de grève reconductible à partir du 8 décembre.

DERAPAGE DU CAPITAINE ?

Suite au relevé de décision découlant de la grève de mars 2006, la direction du musée Picasso (Mme Baldassari et M. Docaigne) doit recevoir mensuellement les organisations syndicales, pour la poursuite du dialogue social. Accord à peu près respecté jusqu’à ce jour. Mais le rendez-vous pris pour le 29 novembre 2006 entre la direction du musée et la section SUD a été annulé la veille.

En conséquence la section SUD a voulu reprendre un rendez-vous, mais Mme Baldassari nous a demandé de sortir du bureau, en proférant qu’ici les gens travaillent (est-elle la seule à travailler dans ce musée ?), qu’elle n’avait pas le temps, etc…

Cette réaction est manifestement un refus de poursuite du dialogue social et confirme que dans ce musée il n’y a qu’un seul maître à bord !

Les demandes et remarques du personnel n’ayant que peu d’importance, comme les accords passés, ne sont visiblement pas une priorité pour notre chef d’établissement. Nous pouvons donc déduire de cet événement que la construction d’un projet collectif pour l’avenir du musée Picasso ne semble plus être à l’ordre du jour, comme annoncé à la prise de fonction de Mme Baldassari.

La section SUD-Picasso

l’Institut du monde arabe :

Au moment même où les tensions s’exacerbent dans le monde, où les amalgames deviennent le seul mode de connaissance de l’Autre et où les adeptes du choc des civilisations se déchaînent, la France et ses partenaires arabes sont en train de se délester d’un précieux outil de rapprochement entre leurs cultures : l’Institut du monde arabe.

Au moment même où cette institution s’installe dans le paysage culturel français et où d’autres pays européens, comme l’Allemagne ou l’Espagne, s’en inspirent pour créer des structures équivalentes, les autorités de tutelle décrètent sa mise en déclin en la déclarant en situation de grave crise financière.

De son côté, la Direction de l’IMA s’engage dans une entreprise de démantèlement des activités culturelles au lieu de responsabiliser les autorités de tutelle et leurs partenaires arabes. Elle a commencé à mettre en œuvre des plans de licenciements collectifs, des suppressions de services et des réductions d’activités culturelles. Ainsi, la Biennale des cinémas arabes à Paris, le Salon euro-arabe du Livre, le Club de l’IMA (rencontre mensuelle de débat sur l’actualité politique arabe), l’espace audio-visuel ont été supprimés. Et ce n’est que le début…

Porté par ses salariés depuis vingt ans, le travail culturel de l’IMA s’est constitué dans un équilibre subtil et fragile entre des activités « grand public » et celles qui s’adressent à un public plus spécialisé, entre des activités qui rapportent des recettes financières et celles qui n’en rapportent pas. Ce qui lui permet de générer des recettes propres s’élevant à 47 % de son budget annuel. Et pourtant, la Direction ne jure que par toujours plus de rentabilité financière des activités culturelles. A cela, nous répondons que la culture n’est pas une marchandise.

C’est pourquoi les salariés de l’IMA et tous leurs syndicats ont décidé de lancer un mouvement de grève le jeudi 30 novembre 2006 pour exiger le retrait du plan de licenciement et l’ouverture de négociations sérieuses sur l’avenir de leur institution.

C’est pourquoi ils interpellent l’opinion publique, les usagers et visiteurs de l’Institut, les milieux culturels et toutes celles et tous ceux qui œuvrent à l’amitié entre les peuples et au dialogue des cultures et les invitent à venir soutenir leur mouvement sur le parvis le l’IMA, le jeudi 30 novembre à partir de 10h.

Paris, le 29 novembre 2006

Contacts : 06 13 50 92 95 – 06 18 54 71 31

Communiqué CFDT, CGT, CFE-CGC, FO, SNAC-FSU, Sud Culture CSI.