Déclaration préliminaire des représentants SUD Culture Solidaires

Déclaration préliminaire des représentants SUD Culture Solidaires au Comité Technique Paritaire Ministériel du 13 février 2007

Monsieur le Ministre,

A l’heure où nous sommes, les agents postés de la filière ASM sont entrés dans une grève reconductible depuis le 9 février, après avoir été nombreux à suivre la journée de grève dans les Services publics du 8 février au Louvre, à Orsay, à Versailles mais aussi à Guimet, à Fontainebleau…

Aujourd’hui à Versailles et à Orsay, de nouveaux grévistes rejoignent le mouvement malgré les pressions que fait peser l’administration (aujourd’hui même à Versailles, la direction a déclaré notre AG de grève reconductible illégale !)

Hier, un tiers des agents postés du Louvre étaient grévistes, samedi : un tiers encore et ce même jour à Orsay alors que l’effectif des non-grévistes n’atteignait pas l’effectif minimum requis pour garantir aux visiteurs et aux œuvres des conditions de sécurité que le service public de la Culture leur doit, l’établissement a tout de même ouvert ses portes !

Le Louvre, champion dans la manière de gérer le sous-effectif, a depuis longtemps appliqué une politique de redéploiement, de baisse constante des effectifs, sans qu’aucun effectif minimum de sécurité n’ait jamais été défini d’ailleurs !

Ainsi lorsque samedi, en raison du nombre de grévistes, la direction de l’établissement aurait du prendre la décision de fermer de nombreuses salles, l’établissement a ouvert lui aussi dans des conditions déplorables pour la sécurité des visiteurs et pour leur accueil !

Hier seulement la direction du Louvre a enfin décidé d’être plus raisonnable et de fermer plusieurs secteurs afin de rendre au public des conditions de visites plus décentes mais, notons le, sans appliquer un quelconque tarif réduit puisque le calendrier des ouvertures garanties n’était pas assuré.

Des pressions, des intimidations, des moqueries sont proférées contre les agents pour qu’ils n’entrent pas dans la grève.

Et tout ça pour quoi ?

Pour rendre invisible leur grève et leur revendication -par ailleurs jugée légitime !

Hier, une délégation a été enfin reçue par votre Conseiller social, lequel a juste répété, après quatre jours de grève, la proposition que la DAG avait formulée avant le début de la grève : Le MCC reconnaissait la légitimité de la revalorisation de l’IAT et proposait un plan pluriannuel mais sans fixer sa durée ni la hauteur de la revalorisation !

Une seule avancée a été faite : l’engagement qu’il y aurait un coup de pouce pour 2007 qui serait rétroactif au 1er janvier 2007. Mais la hauteur du coup de pouce n’a bien entendu pas été chiffré et le Conseiller a renvoyé au 3 avril toute négociation sur la question, dans le cadre d’une réunion sur la politique indemnitaire, réunion arlésienne qui devait se tenir en décembre 2006 !

Monsieur le Ministre, il ne faut pas vous y tromper, le mécontentement des agents qui se traduit par une demande de revalorisation indemnitaire exprime un malaise plus profond du monde des musées. Ainsi à Guimet et à Versailles, des préavis de grève ont été déposés pour défendre les vacataires…

Parce que la précarité n’a pas disparu des musées, elle a juste changé de visage : des contrats plus courts pour la simple raison qu’ainsi les établissements évitent de payer le chômage, des temps partiels imposés pour boucher les trous occasionnés par un manque d’effectif titulaire. Le cynisme ayant été atteint à Orsay où des stagiaires des bacs professionnels sont affectés en salles pendant la durée de leur stage !

Oui, monsieur le Ministre, « les gardiens de musées en colère » – comme ils ont décidé de s’appeler- ce sont des fonctionnaires pauvres, qui doivent accumuler des heures supplémentaires pour pouvoir s’en sortir et des vacataires qu’on utilise au gré des besoins et qu’on jète dehors à la moindre velléité de réclamer une amélioration de leur sort, ne serait-ce que par l’ouverture de concours pour recruter les agents dont les musées manquent cruellement, entraînant des conditions de travail de plus en plus dégradées.

Face à votre surdité, les agents en grève n’auront qu’une alternative :

 soit renoncer à leur revendication et ce ne sera ni à leur bénéfice ni à celui du service public culturel qu’ils accomplissent

 soit durcir leur mouvement.
D’un coté comme de l’autre, vous les poussez à la désespérance.

Il n’est donc pas question pour SUD de siéger aujourd’hui au CTPM dans la situation actuelle si le Ministre ne se décide pas à entrer en négociation immédiatement sur la revendication des agents de surveillance des musées et non pas dans le cadre feutré d’une réunion qui doit se tenir aux calendes grecques.

Sud Culture Solidaires, le 13 février 2007

Pour une augmentation immédiate de l’IAT

Depuis le 09 février, les agents de la filière Accueil, Surveillance et Magasinage des établissements publics du Louvre, de Versailles, d’Orsay, et de Guimet sont en grève suite au préavis reconductible déposé par 3 organisations syndicales du Ministère.

Aujourd’hui lundi 12 février, comme les jours précédents, s’est tenue au Musée du Louvre une A.G à laquelle participait une centaine d’agents. 60 agents se sont prononcés pour la reconduction de la grève. Fort de ce constat et de l’enracinement du mouvement, il a été décidé de partir avec tous les agents grévistes en délégation à la DAG pour être reçu par le Conseiller au dialogue social du Ministre.

Le conseiller au dialogue social du Ministre a voulu déstabiliser les représentants du personnel et leur a reproché d’avoir utilisé le terme de « technicienne » en parlant de la Directrice de l’Administration Générale; en vérité le conseiller était en colère d’avoir été dérangé durant son week-end par des représentants du personnel qui voulaient discuter avec un « politique ». Qu’on se le dise, la Directrice de l’Administration Générale a mandat technique et politique.

Nous sommes alors entrés dans le vif du sujet qui est la réévaluation légitime de l’Indemnité d’administration et de technicité et la « feuille de route » que le ministère compte soumettre au ministère des Finances. La réponse a été malheureusement la même que celle précédemment donnée.

Constatant que notre administration restait aveugle à la dégradation de ses services, nos collègues ont tenu une nouvelle fois à expliquer pourquoi la revalorisation de l’IAT à 150 euros est plus que légitime.

Nous avons expliqué l’attitude de nos encadrants face au sous-effectif quotidien dans les salles des musées. Cela consiste par exemple à travailler à 2 dans un secteur nécessitant 4 à 5 « gardiens ». Nous lui avons expliqué l’ouverture à plein tarif des musées sans respect des effectifs minimaux de sécurité.

Nous avons expliqué les vexations subies par les grévistes qui s’entendent dire que leur grève est ridicule et leur demande indécente. Nous avons expliqué les méthodes de chantage et de coercition appliquées aux agents « muséo » du plus grand musée du monde.

Nous avons expliqué les procédures de fausses déclarations du nombre de grévistes pour rendre notre mouvement illisible. Nous avons expliqué les méthodes de « dialogue social » un peu musclées d’un haut responsable de la surveillance du Louvre et son ingérence dans les affaires internes du Musée d’Orsay .

RESULTAT:

Vous demandez une juste augmentation de l’IAT de 50% : nous vous entendons et comprenons mais nous ne pourrons vous donner satisfaction à ce niveau !!

Vous demandez les propositions transmises à BERCY (ministère des finances) : nous ne pouvons vous donner ces chiffres!!

Vous demandez que la tutelle exerce son autorité face aux dérives de certains chefs de services : engagez des procédures judiciaires !!

Voilà pourquoi les gardiens des musées sont en colère et se feront entendre par des actions dans tous les établissements.

Soyons massivement dans la grève pour revendiquer une augmentation immédiate de l’IAT

Le 12 février 2007

QUI TIRE LES MAUVAISES CARTES ?

Communiqué INRAP – Affectations – du 12/02/2007Les affectations des nouveaux CDI devaient se faire au plus proche du domicile familial. Aujourd’hui, la direction de l’INRAP veut substituer à ce critère celui de la « carte de l’emploi ». SUD Culture Solidaires s’y refuse. »

Comment rendre une grève invisible ?

Comment rendre une grève invisible ?

-Depuis jeudi la question des salaires et de l’emploi agite nos musées.

-Depuis jeudi chaque matin des assemblées générales des personnels de la surveillance ont lieu dans le cadre du préavis de grève déposé par les intersyndicales.

-Jeudi, journée de mobilisation fonction publique sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail et la défense des services publics, de nombreux agents à Fontainebleau, Guimet, Louvre, Orsay, Versailles…n’ont pas pris leur poste.

-Vendredi, la mobilisation prend forme pour la revalorisation de l’IAT à 150€ minimum pour tous.

-Samedi, ça continue.

-Jeudi, vendredi, samedi : des assemblées générales se sont tenues, des dizaines d’agents sont dans la grève pour soutenir une revendication que tous les responsables à quelque niveau que ce soit trouve légitime.

Le Louvre et Orsay se sont lancés dans la bataille, Versailles frémit.
La mobilisation est réelle, les effectifs sont insuffisants mais on ouvre quand même.

-Mépris des règles de sécurité, dans une stratégie planifiée depuis quelques années d’enlever aux agents des établissements la seule arme pour se faire entendre : la grève et le blocage de leur outil de travail. Cette volonté d’afficher les musées ouverts ne pourra camoufler longtemps la colère qui gronde : Oui les agents de surveillance sont
des fonctionnaires pauvres et des vacataires qu’on utilise pour les jeter quand ils réclament, oui le seul moyen qu’ils aient jamais eu pour faire entendre leur voix c’est la grève.

-Plutôt que de soutenir les agents dans leur revendication, le directeur de la surveillance du musée du Louvre s’élance au secours de son collègue d’Orsay pour l’aider à faire barrage à l’ « assaut » des agents venus du Louvre. Nous remarquerons quand même que le musée d’Orsay ouvrira gratuitement ses portes aujourd’hui pour compenser la gêne certaine occasionnée par la grève (ouverture partielle). Scrupule que n’a plus depuis longtemps son grand voisin le Louvre. Et tout
ça avec l’immobilité du ministère, le conseiller au dialogue social renvoyant aux directeurs d’établissements.

-Paris ne s’étant pas fait en un jour, nous appelons tous les collègues à
participer aux assemblées générales programmées dans les établissements pour décider ensemble des formes à donner à la lutte. Et s’ils veulent rendre ce mouvement invisible, nous saurons le rendre plus visible encore en radicalisant notre action.

-Y en a marre d’entendre d’un coté la légitimité de cette revendication
reconnue par nos responsables hiérarchiques et l’administration générale du ministère de la culture, et de l’autre coté se trouver face à leur immobilisme et leur mépris.

Nos 150€ minimum, on nous les doit on les aura ! ! !

Des Gardiens de Musées en Colère, le 11 février 2007.