8 mars, raz de marée féministe !

SUD Culture Solidaires

La mobilisation du 8 mars cette année aura lieu en pleine mobilisation contre le projet de réforme des retraites et au lendemain d’une journée « France à l’arrêt ».

Si toutes les femmes arrêtent leur travail salarié et/ou domestique, c’est l’ensemble de la société qui s’arrête. Si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête.

Faisons de ce 8 mars un raz de marée féministe qui balaie la réforme des retraites !

Parce que nous voulons l’égalité salariale et la revalorisation des métiers féminisés – l’égalité salariale n’est toujours pas une réalité, et les femmes gagnent toujours en moyenne un quart en moins que les hommes. Les femmes sont les premières à vivre dans la précarité. Ainsi au MCC, elles sont sur-représentées dans les emplois les plus précaires : 68 % des temps incomplet (ou temps partiel imposé) ; 66,5 % des CDD sans possibilité légale de CDIsation.

Parce nous voulons partir à la retraite en bonne santé, et que nous voulons des pensions de retraites qui permettent de bien vivre, – la réforme des retraites va aggraver la situation des femmes qui touchent des pensions de droits directs inférieures de 40% que celles des hommes,

Parce qu’au travail et dans la société, nous voulons pouvoir vivre librement sans sexisme, ni violences sexuelles – une femme sur trois a subi du harcèlement sexuel, et le nombre de féminicides ne diminuent pas.

Parce que nous voulons que toutes les femmes du monde soient libres de leurs choix de vie, puissent disposer de leurs corps sans subir de dominations, répression, contrôle ou violences.

Parce que l’accès et le droit à l’avortement doivent être garantis – les avancées comme le droit à l’avortement obtenu en Argentine, et sa dépénalisation en Corée ou en France l’allongement des délais et la constitutionnalisation qui est en cours, côtoient les régressions : fin du fédéralisme du droit à l’avortement aux Etats-Unis… fermetures des centre IVG en France avec apparition de désert médicaux.

Parce que nous voulons la régularisation et une protection genrée de toutes les femmes sans papiers – nous refusons le nouveau projet de loi Asile & Immigration du gouvernement. Si les motifs et parcours de migration sont multiples, les femmes migrantes sont tout particulièrement confrontées à des violences et discriminations multiples.

Parce que nous sommes internationalistes, nous sommes solidaires de toutes les femmes qui luttent à travers le monde contre les violences de genre et pour un autre avenir, une autre société !

Déferlons pour défendre les droits des femmes et pour l’égalité !

Refusons de travailler plus, plus longtemps pour des revenus de misère !

Pour un droit à une vie hors emploi : retraite, chômage

Halte à la casse de nos droits salariaux !

Tout notre système de Sécurité sociale est aujourd’hui attaqué par le Capital…

Retraites, santé, famille et assurance chômage… L’ensemble de ce système solidaire conquis de haute lutte par les travailleur·euses est encore en grande partie financé par notre salaire à travers sa partie socialisée que sont les cotisations sociales.

Mais les dizaines de milliards d’exonérations décidées par l’État n’ont eu de cesse de le mettre à mal.

Jamais compensées et offertes au patronat au nom du sacro-saint coût du travail, le voilà le fameux déficit décrié. Le choix de saborder la Sécurité Sociale en sacrifiant ses recettes, relève de la cynique valorisation d’intérêts financiers d’une minorité en dépit de toute nécessité sociale et humaine.

Tant pis si au passage les retraites fondent. Tant pis si l’on meurt par manque de soin. Tant pis si la pauvreté ne cesse de croitre…

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Soutien aux Kurdes de France suite à l’attentat du 23 décembre 2022

Communiqué SUD Culture Solidaires

Vendredi 23 décembre, un militant d’extrême-droite a tiré sur le centre culturel kurde Ahmet-Kaya, rue d’Enghien dans le 10ème arrondissement de Paris, tuant 3 Kurdes et en blessant grièvement trois autres. Le tueur était visiblement bien renseigné puisqu’une réunion du mouvement des femmes kurdes était prévue à ce moment mais a été décalée à la dernière minute. Un carnage plus massif a été évité de peu.

Le tireur, équipé d’un pistolet et de plusieurs chargeurs, a d’abord abattu trois personnes sur le perron et à l’intérieur du centre culturel. Il a ensuite pourchassé l’une de ses victimes qui a traversé la rue pour se réfugier dans un restaurant kurde, l’Avesta, juste en face. Après cette première attaque de sang-froid, l’assassin a remonté la rue, dédaignant d’autres commerces, pour s’engouffrer dans un salon de coiffure fréquenté par des Kurdes. Il a de nouveau ouvert le feu, blessant au moins une personne avant que les clients du salon de coiffure ne le maîtrisent.

Ainsi, Emine Kara, responsable du Mouvement des femmes kurdes en France, Mir Perwer, chanteur poursuivi en Turquie et réfugié politique, et Abdulrahman Kizil, habitué du centre culturel, ont trouvé la mort sous les balles du tueur. Après avoir été placé en garde-à-vue, l’assassin a été mis en examen et incarcéré lundi 26 décembre. Il est connu pour avoir notamment, attaqué un campement de migrants au sabre en décembre 2021.

Alors que la communauté kurde du quartier s’était rassemblée solennellement vendredi après-midi à proximité du centre culturel, les déclarations du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, présent sur place, niant le caractère terroriste et jusqu’à la qualification d’attentat, ont déclenché la colère légitime de la foule. 10 ans après l’assassinat de 3 militantes kurdes, Fidan Dogan, Sakine Cansiz et Leyla Saylemez, la communauté kurde est à nouveau frappée et précisément lors d’une réunion pour la préparation de la  commémoration de ces assassinats. 

Il est donc troublant de voir les autorités françaises s’empresser de conclure à une « attaque raciste » quand les Kurdes dénoncent un attentat politique et exigent la lumière sur de possibles ramifications avec l’État et l’extrême-droite turques. Il est tout aussi regrettable de voir la quasi-totalité des organisations de gauche reprendre à chaud la version policière de l’attaque raciste isolée, dépolitisant de fait le caractère réel de ces assassinats, pendant que les médias transforment cette attaque fasciste en simple fait divers et le tueur en déséquilibré.

Selon Berivan Firat ou Agit Polat, portes-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), la piste raciste ne tient aucunement. Non seulement l’attentat est trop précis dans ses cibles et dans sa temporalité pour croire à un acte hasardeux mais, ce qui saute aux yeux de toute personne connaissant un tant soit peu le quartier, il n’était pas nécessaire de se rendre jusqu’au centre culturel kurde, enclavé dans une rue peu fréquentée, pour se livrer à des violences contre des populations immigrées. Les responsables kurdes avaient par contre alerté les autorités françaises des menaces dont la communauté faisait l’objet à l’approche du funeste anniversaire, avertissement qui n’avait abouti à aucune forme de protection.

SUD Culture soutient les exigences des Kurdes de France que la lumière soit faite sur les responsabilités des violences qui les touchent et dénonce les complaisances de l’État français envers la politique d’Erdogan ou les groupuscules fascistes turcs, les Loups Gris, qui peuvent venir provoquer impunément les Kurdes rassemblé-es pacifiquement à République ce samedi. 

Nous apportons notre soutien à la communauté kurde  et appelons à participer massivement à la manifestation en hommage aux trois militantes assassinées en 2013, qui aura lieu le 7 janvier prochain à 10h à Gare du Nord.

Paris, le 26 décembre 2022

Déprogrammons Vivès de nos cultures

L’auteur de bande-dessinée Bastien Vivès était invité par le Festival d’Angoulême cette année pour une exposition carte blanche « dans les yeux de Bastien Vivès ». Connu pour assumer ses nombreuses bandes dessinées pornographiques mettant en scène inceste, viol et pédophilie (« l’inceste, moi, ça m’excite à mort »), l’auteur est aussi connu pour ses interventions dans des médias d’extrême droite comme l’Incorrect, ou ses posts « subversifs » sur les réseaux sociaux, allant jusqu’au harcèlement et menaces pour l’autrice Emma. 

Ces faits, connus et dénoncés depuis des années, montrent qu’une invitation « carte blanche » du Festival est un acte politique assumant un dédain pour toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles ainsi qu’une absence totale de compréhension des responsabilités qu’un festival renommé comme le leur à donner une plateforme dans un monde post #Metoo. 

Sous la pression des autrices, des militant·es puis des médias, le festival annule l’exposition et sa venue sous prétexte que l’artiste aurait reçu des menaces physiques et qu’il faudrait le protéger.

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