Quand médiation rime avec ubérisation !!!

Pour un véritable statut des guides

L’ubérisation est en train de frapper fort le monde de la Culture et notamment celui de la médiation culturelle. La réouverture du Palais de la Porte Dorée (Musée de l’immigration) a de nouveau mis en lumière le phénomène d’externalisation des guides conférencier-es ou médiateur-rices culturel-les. Loin d’être inédit, ce phénomène avait déjà touché, il y a quelques années, les salarié-es du Mémorial de la Shoah ou de l’Opéra Garnier. C’est à présent le tour à la Fondation Cartier et à la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais pour le Musée du Louvre avec une sous-traitance partielle ou totale.

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Crimes policiers : mettons fin à l’impunité

Communiqué SUD Culture Solidaires

Une fois de plus la police a tué : Nahel, 17 ans, a reçu une balle à bout portant d’un policier le 27 juin à Nanterre. Depuis le début de l’année, déjà 8 personnes ont été abattues par la police.

Permis de tuer ?

Depuis la loi de 2017, qui a assoupli les règles d’ouverture de feu des policiers avec la création de l’article 435-1 du Code de la sécurité intérieure, le nombre de personnes tuées par la police ne cesse d’augmenter. Contrairement aux déclarations du ministre de l’intérieur, cet article a bien conforté les policiers dans leur sentiment d’impunité en leur octroyant un blanc-seing pour ouvrir le feu.  26 personnes ont été abattues par la police en 2022, un record ! Contre moins d’une dizaine en moyenne par an avant la loi de 2017. Parmi elles, le nombre de personnes non armées est aussi en forte augmentation.

Nuits de colère

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Marches des fiertés 2023 : dans la Culture comme ailleurs, mobilisation !

Marches des fiertés 2023 : dans la Culture comme ailleurs, mobilisation ! – SUD Culture appelle à participer aux marches des fiertés 

Lesbiennes, Gays, bi·es, trans, intersexes, … : les mois de mai et juin sont ceux des fiertés. L’enjeu est bien sûr de visibiliser les LGBTI+, mais surtout de porter haut et fièr·es nos revendications, au boulot et dans l’ensemble de la société ! 

Au travail… 

Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, les LGBTQIphobies ne régressent pas au travail. Elles sont majoritairement le fait de collègues ou de supérieur-es hiérarchiques et se caractérisent par du harcèlement, le rejet ou des insultes à l’encontre des lesbiennes, gays, bisexuel·les, personnes trans, queers et intersexes. Cela va des « blagues », propos homophobes/transphobes; ou insultes, jusqu’aux violences physiques. 

Cela démontre l’insuffisance voire l’absence de prévention.

Ces agressions, souvent quotidiennes et permanentes, ont également des conséquences sur les carrières : refus de promotion, mutation subie, rupture de contrat… 

Pour lutter contre ces comportements et leurs conséquences, il faut mettre en place des plans de formations dans toutes les entreprises ainsi que des campagnes régulières de sensibilisation contre la LGBTQIphobie. Et ce tous les jours de l’année et non à coup d’opérations de pinkwashing autour du mois de mai une fois par an, plusieurs entreprises et administrations en sont devenues coutumières. 

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Rupture de la convention avec le Louvre : les emplois de la médiation de service public en danger !

Section SUD Culture de la Rmn-GP

Un comité social et économique exceptionnel s’est tenu le 13 juin au cours duquel un « plan d’action » concernant les conférencier·es du Louvre nous a été présenté. Le ministère de la Culture a en effet validé le principe de la fin de la convention avec le Louvre pour la médiation culturelle. En clair : le plus grand musée de France, avec lequel la Rmn-GP entretient une relation séculaire, fondement du terme même « Réunion » ne fera plus appel à notre établissement pour assurer ses visites-conférences.

Lourdes réquisitions contre le studio théâtre de Stains

Le vendredi 2 juin, s’est tenue l’audience du procès au pénal de Jamila A. contre le directeur administratif et la directrice artistique du Studio théâtre de Stains. Ce procès intervenait après le procès aux prud’hommes, remporté en départage par Jamila A., et donc une première reconnaissance des faits de discrimination pour grossesse et de harcèlement moral. Il est le résultat de la saisine et de l’enquête faite par l’inspection du travail. Dans les deux procédures, Sud Culture Solidaires s’est porté partie civile en soutien de la plainte de Jamila A.

Au bout de 6 heures d’audience, les réquisitions sont lourdes pour les deux prévenu-es. Le procureur a requis :

·         Une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis pour le directeur administratif du théâtre, assortie de l’interdiction de travailler en lien avec la gestion de ressources humaines,
·         Une peine de 6 mois avec sursis pour la directrice artistique du théâtre,
·         L’affichage de la condamnation durant deux mois dans les locaux du théâtre.

Il s’agit là d’une lourde réquisition, assez rare, qui mérite donc d’être soulignée, indépendamment du délibéré final de la Cour renvoyé au 22 septembre.

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Jamila A. versus Studio théâtre de Stains : K.-O debout

Reconnaissance de la discrimination pour grossesse et du harcèlement moral

Après plus de deux ans de combat, Jamila A. a remporté son prud’homme contre le Studio théâtre de Stains. A l’été 2020, Jamila A. – qui travaillait à la fois à l’administration du théâtre et sur scène – avait été écartée de toutes les pièces où elle était prévue, alors qu’elle était enceinte. Les prud’hommes ont reconnu une discrimination fondée sur sa grossesse mais aussi un harcèlement moral contre elle au sein de la structure. Enfin il a été reconnu que l’employeur n’avait pas répondu à son obligation de sécurité vis-à-vis de sa salariée. Ces éléments ont amené à reconnaître comme nul le licenciement pour inaptitude prononcé en septembre 2021. Nous saluons une nouvelle fois la ténacité et le courage de Jamila, face aux dénigrements répétés à son encontre de l’administration du théâtre.

Par-delà la victoire de Jamila, ce procès apporte plusieurs enseignements dans le cadre de la lutte contre les violences sexistes que constituent le harcèlement moral et la discrimination pour fait de grossesse. Tout d’abord nous nous félicitons que l’intervention volontaire de Sud Culture ait bien été reconnue comme recevable, ce qui entérine le fait que la situation de Jamila A. est une situation qui concerne tout le milieu de la culture. La direction du théâtre a nié pendant les prud’hommes le caractère de salariat des artistes. Dans le monde des arts comme ailleurs, les travailleurs et les travailleuses sont soumis à une subordination, et à ce titre, ils et elles doivent être protégés par le droit du travail et doivent pouvoir se syndiquer librement.

Le point crucial de ce procès porte sur le débat de l’usage des enregistrements audio aux prud’hommes, où ils demeurent non reconnus, contrairement au pénal. Lors du procès, l’avocate a pu produire dans les pièces un PV de l’inspection du travail, auquel Jamila avait fourni des enregistrements audios qui témoignaient de l’agressivité et de la violence de la direction envers elle. Ce PV rendant compte des enregistrements a apporté des éléments concrets et précis, que la direction du théâtre a eu bien du mal à expliquer. La reconnaissance de la pièce comme valable est une avancée importante pour tous les salarié-e-s, le harcèlement moral restant trop souvent renvoyé à une parole contre parole.

Le combat n’est cependant pas terminé, la gravité des faits a amené l’inspection du travail à saisir le procureur, ce qui a donné lieu à une enquête de police débouchant sur une procédure pénale. Nous donnons désormais rendez-vous au pénal le vendredi 2 juin 13h au Tribunal de Bobigny pour continuer à soutenir Jamila et poursuivre la lutte contre les violences sexistes dans le monde des arts et de la culture.