Suite aux deux articles parus dans La Dépêche du Midi en date du 10 janvier et du 29 janvier 2024, et aux faits inquiétants que nous ont rapportés les salarié·e·s du Théâtre du Pavé, le syndicat SUD Culture souhaite réagir et dénoncer les faits suivants :
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Communiqué SUD Culture Solidaires
Sud Culture a été alerté par des collectifs de veille contre l’extrême droite dans les musiques et des collectifs antifascistes (AIM_Panam et AntiNSBM) sur la programmation du groupe « Slaughter to Prevail » avec le chanteur au passif nazi, homophobe, transphobe, masculiniste et sexiste, le 31 janvier 2024 dans une salle de concert parisienne : le Cabaret Sauvage.
Alex Shikolai (Alex Terrible), chanteur du groupe anciennement lié aux mouvements néonazis Russes, utilise des images pro militaire, patriotique dans ses chants et diffuse des discours transphobe et homophobe dénoncés par la communauté LGBTQ. :
En été 2023, Alex Terrible a posté une vidéo Instagram intitulée « 4 Rules of a real man » soit « 4 règles d’un vrai mâle ». Le 24 août, il a publié un autre post, s’adressant à ses critiques et les attaquant avec des insultes homophobes et sexistes. Alex y fait également l’éloge des « vraies valeurs familiales », parle du « lavage de cerveau des enfants » et a utilisé l’ensemble des standards de la propagande transphobe.
Une première tournée européenne avait été annulée en 2015 suite aux accusations portées contre le chanteur Alex Shikolai et aux pressions à son encontre. En 2024 nous nous questionnons sur ce changement de cap. Pourquoi le Cabaret Sauvage programme-t-il un tel groupe ?
Selon l’édito du lieu, son directeur Méziane Azaïche « rêve la France comme un lieu chaleureux de fraternité multicolore, carrefour d’arts et de cultures » et « avait l’image d’un Paris plein de vie, avec un mélange de gens, pas de racisme, pas de barrière. »
Le choix de programmer un tel artiste nous semble donc dissonant vis-à-vis des valeurs prônées par le Cabaret Sauvage et sa direction.
Sud culture, syndicat anti-raciste, antifasciste anti-homophobe et anti-sexiste se positionne contre l’extrême droitisation de la culture et appelle donc la direction du Cabaret Sauvage à être en cohérence avec ses valeurs en déprogrammant ce groupe.

Sans emploi mais pas sans salaire !
SUD Culture Solidaires
Les allocataires du RSA, désormais rattachés à cette nouvelle institution, verront le versement du RSA (608 €) conditionné à 15 heures de travail gratuit par semaine, de « stage en entreprise » et d’accompagnement vers un hypothétique retour à l’emploi.
Cette mesure pourrait s’étendre à tous·tes les demandeur·euse·s d’emploi ainsi qu’aux jeunes inscrits dans les Missions locales et aux personnes en situation de handicap. Tou.tes auront l’obligation de signer un « contrat d’engagement « qui fera la part belle aux devoirs au détriment des droits. France travail va permettre la généralisation du contrôle de tou.tes les privé·es d’emploi pour les forcer à travailler dans les secteurs dits « en tension » – dont la liste s’allonge sans fn – sous peine de se voir supprimer leurs revenus de remplacement ou allocations de survie que sont les minima sociaux.
D’autre part, les dispositifs de surveillance et de contrôle déjà à l’œuvre tendent à s’implanter massivement, tout en permettant l’ouverture d’un marché aux entreprises de conseil, elles- aussi largement sollicitées par Pôle Emploi aujourd’hui.
Par ailleurs, la nouvelle convention d’assurance chômage doit être fnalisée avant la fn 2023. Des « négociations » sont en cours à la fois concernant le régime général ainsi que les annexes 8 et 10 spécifques aux intermittent·e·s du spectacle. Le gouvernement impose 12 milliards d’€ d’économies sur 3 ans sur le fonds de l’UNEDIC pour entre autres fnancer France Travail.
Un grand nombre de secteurs dépendant de subventions publiques sont déjà fortement impactés (santé, culture, éducation, social…). L’ensemble des conditions de travail en sont dégradées, entraînant le départ d’un très grand nombre de travailleurs et travailleuses.
Poussé·e·s ainsi vers un chômage diminué, dans l’incapacité de retrouver un poste qui réponde à des conditions décentes d’emploi, ou vers le RSA, car dans l’impossibilité d’ouvrir des droits suite aux dernières contre-réformes. Ces dernières, additionnées à la création de France Travail, aggraveront profondément la situation économique d’un grand nombre de travailleurs et de précaires. En clair le projet de loi « Plein emploi » sera bel et bien celui du plein emploi précaire, tel que l’a rêvé le MEDEF.
Nous refusons toutes mesures d’économie impactant les travailleurs et travailleuses, déjà en souffrance et en grande précarité, qui visent à casser nos droits sociaux.
Nous revendiquons :
- L’abrogation de toutes les dernières contre-réformes chômage ayant détérioré les droits des travailleurs et travailleuses (avec ou sans-emploi)
- Des indemnités chômage pour tou·te·s les sans-emploi avec ou sans papiers et dès 18 ans (au minimum du SMIC) mais aussi pour les travailleur/euses qui perdent leur emploi, la continuité de leurs salaires pour une durée minimale de 36 mois, quelle que soit la durée d’emploi et la durée de cotisations préalables.
- La suppression du conditionnement du RSA et son augmentation pour l’ensemble des territoires et son extension pour les 18-25 ans en guise de 1er pas…
- L’arrêt des suppressions de cotisations sociales, qui mettent à mal les caisses de l’Unédic et de la Sécurité sociale (20 milliards / an et 80 milliards d’€ en 2021 année du Covid) et l’augmentation de la part patronale.
- L’arrêt des contrôles, pressions et persécutions sur les chômeur·se·s et les allocataires du RSA
Le contrôle et la gestion totale de l’assurance chômage par les 1ers concerné·e·s, les travailleur·euse·s avec ou sans emplois - Une solidarité vis-à-vis des travailleur-euses de Pôle Emploi face à son démantèlement.
Grève et manifs pour nos salaires le 13 octobre

Déclaration SUD Culture au CSA-M du 3 octobre 2023
Madame la Ministre qui n’est pas là,
Instrumentaliser la Culture à des fins de coercition politique était jusqu’à récemment l’apanage des municipalités Front National. Progressivement, cette pratique s’est étendue à certaines collectivités territoriales.
Aujourd’hui c’est l’appareil d’État qui sombre.
En interdisant aux ressortissantes et ressortissants du Sahel l’expression artistique sur le territoire français, le pouvoir politique de ce ministère, ainsi que sa haute administration, ont commis une faute morale.
Ils ont également démontré leur totale incompréhension des personnels placés sous votre autorité.
Quels que soient les piètres rétropédalages que nous avons pu lire dans les médias, la faute demeure : non seulement vous avez validé le fait de faire payer à des individus les errements de leurs dirigeant-es – ce qui est une aberration, a fortiori lorsqu’il s’agit de régimes non démocratiques – , mais en plus vous avez contraint les personnels (en l’occurrence des DRAC) à mettre en œuvre des sanctions allant à l’encontre de leurs missions premières.
Nous sommes sidéré-es de constater qu’à aucun moment, une quelconque personne en responsabilité ait tiré le signal d’alarme.
C’est l’aveu d’une terrible méconnaissance de ce que nous sommes. Et cet aveu sera séquellaire.
Le ministère de la Culture est un ministère militant . Il est animé à tous les échelons par des femmes et des hommes convaincu-es que la culture est et doit être émancipatrice.
Alors que nous vous alertons, vous comme vos prédécesseur-es de la grave perte de sens ressentie par les personnels – perte de sens nourrie par l’intrusion des cabinets conseil, la prégnance du ministère de l’intérieur, la soumission aux intérêts de l’industrie touristique, la confiscation des espaces publics à des fins financières ou médiatico-politiques… – , vous avez franchi un cap.
Celui de l’atteinte à nos valeurs fondamentales. Nous saurons nous en souvenir. Et nous demeurerons, malgré vous, des artisans de la Culture.
SUD Culture Solidaires
Intersyndicale Culture CGT-FSU-SUD-UNSA Dans le rang, la coopération culturelle !
Nos organisations sont littéralement sidérées de l’arrêt immédiat de tout projet de coopération en matière culturelle et d’enseignement supérieur avec le Niger, le Mali et le Burkina-Faso et leurs ressortissants. Cette injonction, expédiée par nos Directions Régionales des Affaires Culturelles, vient de l’Elysée en passant par la case Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Rien ne justifie une telle décision, contraire à la tradition de dialogue interculturel et d’échanges artistiques de la France.
Et surtout pas les crises que traversent les peuples de ces pays actuellement. Les artistes et les enseignants ont plus besoin de tisser des liens de coopération au-delà des frontières que d’être confrontés à un isolement mortifère. De plus, ils ne sont pas comptables des tensions géopolitiques et diplomatiques en cours actuellement, dont la France a sa part.
C’est pourquoi nos organisations condamnent avec force cette décision brutale et demandent à la ministre de la Culture de tout mettre en œuvre pour que les liens de coopération soient renoués dans les plus brefs délais et les engagements pris honorés.
Nos organisations apportent leur soutien aux artistes, aux enseignants et acteurs culturels confrontés à cette situation.

