Le secteur de l’édition est victime d’une accélération du phénomène de concentration ces dernières années.
Pour les travailleur·ses, le choix se fait entre deux mondes :
- de grands groupes aux mains de milliardaires, véritables rouleaux compresseurs dont le profit ou l’idéologie fascisante est la seule boussole ;
- ou celui de petites maisons indépendantes qui luttent pour survivre et dans lesquelles le droit du travail n’est pas toujours respecté…
Depuis le rachat du groupe Hachette en 2023 par V. Bolloré, un tournant a été pris dans le monde du livre.
À la fois politique et économique, son objectif est assumé : réformer un groupe d’édition et de presse respecté pour diffuser massivement les idées nauséabondes de l’extrême droite.
❯ Un tournant politique : certaines maisons d’édition sont désormais formatées pour déverser sur le marché des ouvrages qui promeuvent la haine de l’autre – l’évolution de leur ligne éditoriale ne permettra bientôt plus de fabriquer des livres qui émancipent, informent, célèbrent et rassemblent à travers le récit de nos identités plurielles, de nos singularités politiques et de nos luttes pour la justice sociale.
❯ Un tournant économique : les preuves de la dégradation des conditions de travail à l’œuvre depuis ce rachat sont criantes.
Pour mettre au pas les travailleur·ses, la brutalité est de mise : déménagement à marche forcée, pressions pour encore et toujours réduire les coûts et travailler vite, quitte à produire des ouvrages erronés, « maîtrise », selon leurs propres termes, de la masse salariale pour augmenter les marges de rentabilité qui sont pourtant déjà au rendez-vous, plan social — comme chez Prisma Média, concernant près de 40 % des effectifs de l’entreprise —, management par la terreur en débarquant manu militari des salarié·es, dont plusieurs figures emblématiques du groupe…
Ces pratiques ne sont pas l’exclusivité du groupe Hachette et sont aussi employées aujourd’hui chez Media-Participations, Actes Sud ou Editis, pour faire toujours plus de profit.
Il ne fait décidément plus bon vivre chez Hachette ; même des auteur·ices historiques semblent vouloir quitter le navire !
Comme cela avait été le cas avec Fayard, des auteur·ices publié·es par Grasset réfléchissent à un communiqué commun, ou encore à récupérer leurs droits. A-t-on encore envie de rester dans une entreprise aux pratiques autoritaires, violentes qui assume de défendre une ligne éditoriale d’extrême droite ?
Encore faut-il pouvoir partir… et c’est bien la difficulté aujourd’hui, tous·tes n’ont pas cette possibilité, ce luxe, ou cette envie.
Nous avons besoin de nourrir notre famille et de payer nos factures… Par ailleurs, pourquoi partir ? Nous voulons faire notre travail avec rigueur et sans souscrire à l’idéologie délétère de notre grand patron qui déciderait de l’avenir de notre entreprise sans aucun respect pour les travailleur·ses qui font d’elle ce qu’elle est jour après jour.
Alors il faut se battre !
Il faut entrer en lutte et se syndiquer dans tous nos espaces de travail. Car ce sont les nôtres. C’est nous qui les faisons vivre et prospérer. L’argent qui s’y gagne, c’est notre sueur, nos doutes, notre travail collectif, notre créativité, notre joie.
Non au carnage d’un groupe qui fête cette année son bicentenaire et qui n’a de cesse depuis 3 ans d’être sous le feu des projecteurs pour ces frasques politiques et sociales !
La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires apporte tout son soutien aux salarié·es et collaborateur·ices des éditions Grasset et à tous·tes les travailleur·ses de ces collectifs de travail abîmés.
Travailleur·ses de tous les métiers de la chaîne du livre, syndiquez-vous !
Notre organisation collective, d’un bout à l’autre de la chaîne du livre, sera la meilleure des ripostes face à ces attaques d’une violence inouïe.
Nous devons résister à tous les niveaux à ces grands patrons aux idées fascisantes : des ouvrier·es de la logistique, aux employé·es de la distribution, aux technicien·nes de plateau caristes, éditeur·ices, graphistes, comptables, iconographes, assistant·es, représentant·es, traducteur·ices, correcteur·ices, auteur·ices, libraires, chef.fes de projet marketing, fabricant·es, cessionnaires de droits, agent·es, attaché·es de presse, chargé·es de relation libraires… !
Ensemble, nous serons plus fort·es !
SUD Culture Solidaires – branche Métiers du livre
14 mars 2026




