Quel avenir pour le Centre National du Livre ?

Suite à la remise du rapport sur la lecture remis par Marie-Georges Buffet à la ministre de la Culture, un point d’information sur la lecture publique a été fait au Comité Technique Ministériel.

Ce point a été pour notre organisation syndicale l’occasion de défendre le rôle important du CENTRE NATIONAL DU LIVRE (CNL), que ce rapport met justement en valeur. Car le CNL est un des maillons essentiels de la lecture publique et de la création littéraire. Il met ainsi en œuvre les politiques du ministère de la culture en la matière.

Quel avenir pour le Centre national du livre ?

Action Publique 2022

Pour contrer l’opacité qui règne au sein du Ministère de la Culture, heureusement, des lanceurs/ses d’alerte existent ici, comme ailleurs. Même si Emmanuel Macron n’a pas manqué de fustiger les fonctionnaires « déloyaux » qui refusent d’obéir avec servilité, même si la Françoise Nyssen entend une nouvelle fois se ridiculiser en portant plainte contre un « délit d’information », nous pouvons compter sur celles et ceux qui se font un honneur d’alerter les citoyen-nes sur ce qui se trame dans notre dos.

À la lecture de la lettre du cadrage adressée le 26 septembre par Édouard Philippe à ses ministres et secrétaires d’état, déclinant les fondamentaux du programme « Action Publique 2022 », nous avions anticipé les nouvelles attaques à venir contre la Fonction publique en général et contre la culture en particulier. La composition du Comité Action Publique, mêlant la fine fleur des expert-es de l’ultralibéralisme : économistes de l’ancienne commission Attali, ami-es plus ou moins proches d’Emmanuel Macron (énarques, banquier-es, créateurs/trices d’entreprises numériques, représentant-es de grands groupes immobiliers…) et excluant tout responsables des services publics, syndicalistes, associations d’usager-es, nous révèle bien ses objectifs : casser et privatiser ce qu’il reste des services publics. Les scénarios annoncés auront de quoi réjouir les anciens promoteurs de ces politiques mortifères : Sarkozy en a rêvé, Macron l’a fait !

L’intersyndicale Culture avait demandé la convocation d’un Comité de l’Administration centrale pour que celle-ci daigne nous présenter la méthode, le calendrier et les incidences sur la gestion des emplois d’« Action Publique 2022 ». En guise de document de travail, l’administration nous a envoyé un diaporama aseptisé reprenant les grandes lignes de la lettre du cadrage d’Édouard Philippe. Fort heureusement, entre-temps, nous avions pris connaissance de cette désormais fameuse « contribution du Ministère de la Culture aux travaux du CAP 2022 » (datée du 3 novembre), oh combien révélatrice, qui a « fuitée » dans la presse. C’est donc fort de ces informations que nous avons participé au comité technique convoqué ce 16 novembre. Étant entendu qu’il n’était pas question pour SUD Culture de se contenter de propos aussi lénifiants qu’indigestes. Mais bien que l’on nous explique qui avait rédigé et validé un document qui vise essentiellement à réduire toujours plus la voilure du ministère.

Prise les doigts dans le pot de confiture, l’administration ne nous a pas fait l’affront de l’ignorer. Mais, comme nous y attendions, le secrétaire général nous a ressorti le discours convenu de ses prédécesseurs qui n’ont eu de cesse, depuis les Stratégies Ministérielles de Réforme de la fin du XXe siècle, la Lolf, les transferts de missions aux collectivités locales, les deux RGPP, la MAP, la Revue des missions, les mesures de simplification, la réforme territoriale, de s’attaquer aux effectifs et aux missions de notre ministère. Il s’agit de moderniser et redonner du sens à l’action publique tout en faisant des économies. Il n’a eu de cesse de nous répéter que ce document était incomplet et tronqué et qu’en aucune manière, on ne pouvait le qualifier de document idéologique. C’est tout juste s’il ne nous a pas vendu AP 2022 comme une session de rattrapage à la RGPP. Vous voyez bien que le ministère ne fonctionne pas bien, il nous faut bien une réforme de plus.
Ah bon ? Un projet qui s’appuie sur les suppressions de postes, les transferts aux collectivités territoriales, l’autonomie accentuée des établissements publics, la destruction de pans entiers de nos archives pour ne conserver que celles-dites « essentielles », des « gains » budgétaires, pour pouvoir répondre au sacro-saint dogme de la maîtrise des dépenses publiques,.. tout ceci ne serait pas idéologique. Ah, oui pardon, ce n’est ni de gauche ni de droite. C’est « normal » comme aurait pu le dire un ancien président de la République.

Pour Sud Culture, cette « contribution », loin d’être « tronquée », répond bel et bien à la commande du gouvernement qui veut imposer de nouvelles orientations à toute la fonction publique. L’administration aura beau habiller ses propositions du verbiage habituel « recentrer l’administration centrale », « élargir les publics », « améliorer l’efficacité opérationnelle », « offrir aux agents publics un environnement de travail modernisé » nous sommes depuis longtemps vaccinés contre l’usage de cette novlangue technocratique.

Pas un mot sur le dialogue social mais une démarche qui relève d’un rare cynisme : « conditions de succès : annonce rapide de la stratégie de transformation » peut-on lire ! Comme pour la « réforme » du code du travail, il faut aller vite, ne pas laisser le temps aux agents de s’organiser. Le calendrier infernal exigé par le premier ministre est ridicule : les propositions pour repenser notre ministère doivent être bouclées pour mars 2018 et la ministre devra présenter son plan de transformation d’ici l’été 2018. À l’évidence, il ne s’agit pas de tirer des enseignements des réformes passées, de s’appuyer sur les rapports dûment argumentés de l’IGAC, encore moins favoriser la qualité de vie au travail et œuvrer pour un meilleur service rendu à l’usager-e citoyen-ne.

En appelant à notre responsabilité, le secrétaire général nous a proposé « de travailler en commun pour éviter qu’un autre scénario, autrement plus dur, nous soit imposé ». En clair, acceptons de nous couper ensemble un bras avant que le gouvernement nous coupe les deux !

Promis-juré, le plan de transformation ministériel sera travaillé avec les agent-es et leurs représentant-es. Des marges de négociation existant, ce document « officieux » sera bien évidemment amendé. Sur les questions précises des suppressions d’emplois et des chiffres annoncés, là aussi, tout est en discussion. Ne vous inquiétez pas, chères organisations syndicales, chers agent-es, nous allons vous écouter, il se peut que nous ne soyons pas d’accord à la fin mais nous vous aurons écouté.

Pour mieux nous entendre, la ministre, « qui est très pragmatique », fera une intervention lors du prochain CTM du 4 décembre. Ce sera le top départ de la concertation. Lors du premier trimestre, des groupes de travail thématiques seront réunis. Ceux-ci s’empareront des « réformes » proposées : Archives (comment archiver moins et rendre moins coûteuse la politique des Archives), Musées (qui veut de mon SCN : EP ou Collectivité ?), RH (après la centralisation de la paie, réfléchissons à sa déconcentration et enfin le SRH qui pourra mettre en place la GPEEC), Création (la sélectivité des aides à la création et la réinterrogation des cahiers des charges validés il y a un an avec la LCAP)…

C’en est assez ! Nous n’allons pas rester sidéré-es face à ce projet de casse du ministère !

À chaque changement de ministre, sa prétendue « modernisation ». Les agent-es sont épuisé-es de subir ces réformes technocratiques enrobées sous couvert de meilleur service au citoyen et d’une meilleure attention aux attentes du public.

Oui, madame la ministre, il nous faut enfin une vraie réforme qui prenne en compte les conditions de travail des agent-es, leurs rémunérations, leurs missions.

Un service public de la culture, ce n’est certainement pas vider ce ministère de tout sens et transformer votre administration centrale en simple machine à compter.

Un service public de la culture, ce n’est pas essayer perpétuellement de nous faire comprendre que les agent-es de la fonction publique sont un poids pour les finances publiques et que, sans elles et eux, le pays fonctionnerait tellement mieux.

Un service public de la culture, ce n’est pas confier ses clés à tous ceux qui ne rêvent que d’en externaliser ou privatiser ses missions pour en tirer de futurs profits ; ce n’est pas en confiant aux boites privés les nécessaires politiques de numérisation, gages de futurs juteux contrats ; ce n’est pas en confiant la sauvegarde du patrimoine à un Stéphane Bern dont l’incompétence s’ajoute à sa capacité à injurier systématiquement, sans que vous y trouviez à redire, les agent-es du ministère et des DRAC.

Un service public de la culture, en ces temps troublés, comme vous l’avez exprimé, c’est un gain pour la société.

Alors, ne multipliez pas les discours creux sur le nécessaire « développement d’un dialogue social de qualité basé de l’écoute et l’échange », la nécessité de « travailler sur le temps long » et patati et patata1…

Mettez enfin vos paroles en accord avec vos actes ! À défaut, vous romprez définitivement le lien, déjà fortement fragilisé avec les agent-es de ce ministère. N’en doutez pas, elles et ils ne se contenteront sûrement pas de répondre épisodiquement à un questionnaire dit du « baromètre social » qui ne saurait tenir lieu de politique sociale !

SUD Culture Solidaires, le 20 novembre 2017.

Lumière sur mairies brunes – Le Tome 2 est en vente à 8 euros l’unité, tarif dégressif

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En septembre 2015, VISA publiait le 1er tome de « Lumière sur mairies brunes ». Il recensait tous les faits et méfaits de la 1ère année de l’extrême droite aux pouvoirs dans les villes qu’elle occupe. Pendant les deux années suivantes, VISA a poursuivi ce travail de « mémoire ».

Pour mettre en pleine lumière les origines véritablement fascistes du Fn et de toute l’extrême droite, rien ne vaut un recensement exhaustif, méticuleux et daté.

Ce deuxième tome « lumière sur mairies brunes » couvre donc la période allant de juin 2015 à juin 2017. Il regorge d’informations sur les pratiques municipales plus ou moins radicales de l’extrême droite et illustre ainsi tous les reculs sociaux qu’elle provoque lorsqu’elle exerce le pouvoir.

« Lumière sur mairies brunes », c’est 236 pages et autant d’arguments contre l’extrême droite.

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Il faut veiller à ce que le combat contre l’extrême droite ne passe pas après les luttes syndicales au prétexte qu’elle a été battue aux présidentielles et qu’elle n’a obtenue «que» 9 députés.

Il faut continuer de lutter, sans relâche et avec la même force, contre les politiques libérales, notre adversaire qui fait aussi monter le FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

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CNESERAC : Du grand fourre-tout à la mascarade

Le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Artistiques et Culturels (CNESERAC), a été voulu comme une instance consultative afin de structurer l’enseignement supérieur et la recherche sous tutelle du ministère de la Culture. Il est supposé représenter tous les domaines (arts plastiques, architecture, paysage, patrimoine, spectacle vivant, cinéma, audiovisuel, français et langues de France, livre et lecture, médias et industries culturelles) ainsi qu’une centaine d’établissements de l’enseignement supérieur et les établissements et services de recherche hors ministère enseignement supérieur.

La précipitation avec laquelle ce projet a été monté, dans l’urgence d’une fin de mandat gouvernemental, a conduit à créer une énième « machine à gaz » qui, pour ne pas déplaire, finit pas perdre ses objectifs. Ce CNESERAC voulu par le ministère comme un « parlement » de la culture est en train de tourner pire que le sénat avec un mode de représentation des « pairs » reposant majoritairement sur la nomination et la désignation.

Les «pairs» élu-es spécifiquement pour siéger dans ce conseil seront extrêmement minoritaires !
Mais comment s’étonner quand aucune information préalable ni aucun appel à participer ou à débattre de l’élaboration de ce CNESER spécial Culture, n’ont eu lieu en direction des plus concerné-es : les enseignantes et les chercheurs/euses et la communauté de travail de ces établissements, mais aussi la plupart des Écoles Supérieures et structures de recherche.

Le CNESERAC ne remplace pas le CNESER mais constitue désormais une étape obligée pour tout projet enseignement supérieur et culture. On se retrouve maintenant avec une instance consultative de plus, constituée d’un agrégat d’intérêts sectoriels et de personnes de bonne volonté qui projettent sur le CNESERAC des finalités différentes. Cela promet de belles séances de lobbying !

C’est en cela que SUD Culture est la seule organisation syndicale à avoir refusé la création précipitée de cette instance, dont la composition, les missions et le calendrier demandaient davantage de maturation et de consultation afin de donner une réelle légitimité démocratique et professionnelle à ses avis.
En outre nous considérions que le risque de rallonger le parcours de validation des textes spécifiques au ministère de la Culture était trop grand.

SUD Culture aurait tant aimé se tromper dans son analyse.

Malheureusement, la 1ère séance du 17 Octobre 2017 (montée dans l’urgence !) confirme nos craintes.

Le Conseil d’État aurait exigé qu’un avis sur les différents textes accompagnant la réforme des écoles nationales supérieures d’architecture soit rendu par le CNESERAC alors que les textes nécessaires au plein fonctionnement de ce dernier ne sont toujours pas publiés. Ce premier avis sera donc rendu avec des membres désignés et nommés depuis quelques jours sans connaissance du dossier qui va leur être soumis !

Avec une extrême minorité au fait des règles de la fonction publique d’État encadrant ces textes. Et sans représentation, des personnels de ces établissements et des étudiant-es ! Comment le ministère a-t-il accepté cette injonction du Conseil d’État alors que l’article 239 de la loi LCAP¹ précise bien que la consultation peut être demandée et n’est donc pas obligatoire ?

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¹ Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, Art 239 Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche artistiques et culturels :
Il peut être également consulté sur les projets de textes législatifs ou réglementaires relatifs à l’enseignement supérieur et à la recherche dans les domaines susmentionnés. Il peut faire des propositions au ministre chargé de la culture sur toute question relative à son domaine de compétence.

La réforme des écoles nationales supérieures d’architecture, attendue depuis 20 ans et qui a demandé 10 ans de mobilisation des énergies, aboutissait enfin. Et voilà une nouvelle consultation non prévue !
SUD Culture Solidaires invitée comme les autres organisations syndicales du MCC à assister sans droit de vote à la séance du CNESERAC ne légitimera donc pas cette mascarade par sa présence.

Expression SUD Culture Solidaires et liste des représentant-e-s déjà nommé-e-s ou désigné-e-s pour rendre leur avis « éclairé » sur les projets ministériels en pièces jointes.

CONTRE LES POLITIQUES DE REGRESSIONS DANS LA FONCTION PUBLIQUE ET A LA BNF

Alors que le Code du travail est durement attaqué et que la politique fiscale du gouvernement en faveur des plus riches ne semble pas connaître de limite (5 milliards/an en moins dans les caisses de l’État du fait de la réforme de l’imposition sur les grandes fortunes), il est annoncé le gel du point d’indice et une hausse de la CSG pour les agents publics. Rappelons que ce gel entre 2010 et 2017 a déjà entraîné une perte de pouvoir d’achat de 8%. Il est donc plus que nécessaire de s’opposer à toutes ces régressions et de faire converger les mobilisations de la fonction publique et du privé afin d’améliorer nos droits sociaux, les services publics et stopper la loi travail n.2.

Vous trouverez ci-joint le tract intersyndical BnF d’appel à la grève de demain, avec aussi au dos le préavis de grève local que nous avons déposé en intersyndicale sur nos revendications spécifiques, que nous vous avions déjà envoyé. La CFDT-BnF ne s’est pas jointe à cette démarche car elle est contre faire le lien avec la lutte dans le secteur privé et elle n’est pas d’accord avec certaines revendications concernant la BnF.