Déclaration du comité de suivi de la réforme du régime l’intermittence à la sortie de la 4ème réunion de concertation-24 juillet 2014

2014 07 24 Com Comité suivi réforme intermittence(…) Nous constatons que les organisations signataires de l’accord UNEDIC du 22 mars 2014 refusent à ce jour toute
réouverture de négociations sur la base des éléments qui seront discutés dans la suite des travaux de la mission
de concertation, bien que la lettre de mission du Premier ministre parle d’une « refondation », d’un « cadre
stabilisé et sécurisé pour les intermittents du spectacle », d’une « solution durable, originale et équilibrée »,
réclamant des « propositions finales au plus tard au mois de décembre 2014 »(…)

Lisez ce communiqué ci-contre.

Cécile Helle et la Ville d’Avignon sifflent la fin de la partie

Aujourd’hui 24 Juillet 2014, après plus de 4 mois de mobilisation nationale ininterrompue, nouvelle journée de mobilisation nationale et appel à la grève contre la Convention Unedic.

A Avignon, 21ème jour de mobilisation et d’actions non-stop dans le cadre du Festival.

Ça a commencé à 10h30 environ par une demande de rencontre avec Cécile Helle et par une partie de ballon symbolique et bon enfant organisée par la CIP et SUD Culture 84 dans le hall de la Mairie, chacun-e se repassant le ballon, comme les « partenaires sociaux » se refilent le dossier brûlant de l’assurance chômage, incapables de prendre les bonnes décisions, tétanisés par les petits arrangements entre amis.

Ça a fini par une évacuation musclée de la Maison du Peuple d’une quinzaine de membres de la Coordination Nationale et de SUD Culture 84 par les policiers municipaux : certain-es ont été bousculé-es violemment, d’autres ont été tiré-es par les cheveux. Un policier municipal a menacé un d’entre nous de lui casser son portable si il continuait à filmer.

Cette évacuation musclée a été nécessairement mise en œuvre sur ordre de Cécile Helle.

Que s’est-il donc passé entre les courriers envoyés il y a 2 ou 3 mois par le Maire PS d’Avignon à François Rebsamen et à Manuel Valls leur demandant le non agrément de la Convention Unedic et la répression policière d’aujourd’hui ? Ou est passé le soutien affiché de la Ville d’Avignon à la légitime lutte des intermittent-es et précaires ? Qu’est devenu le dialogue entre la Maire d’Avignon et les intermittent-es ?

Pourtant, la demande de la Coordination Nationale aujourd’hui était pacifique : une simple demande de rencontre et d’entretien avec Cécile Helle pour faire un point sur la situation en cette fin de Festival et sur les perspectives de la lutte. Après plus de 3 heures d’attente dans le hall de la Mairie et aucune réponse suite à cette demande de rendez-vous, nous avons informé l’adjointe à la culture d’une action d’occupation jusqu’à une réponse claire. Rien n’est venu. Cécile Helle a sifflé la fin de la partie, totalement impuissante à affirmer un soutien clair et déterminé à notre lutte, incapable de courage politique, comme avant elle, François Rebsamen, Manuel Valls et Olivier Py.

Au moment où le festival 2014 vit ses derniers jours, serons-nous assez naïfs pour penser que la réaction musclée et autoritaire de la Maire d’Avignon est un simple hasard ? Car finalement, aujourd’hui, le plus gros des problèmes redoutés par Cécile Helle sont derrière elle. Le festival a finalement bien eu lieu. Les commerçants ont malgré les perturbations remplis leurs tiroirs-caisses, et c’est tout de même là l’essentiel. Qu’importe la précarisation aggravée de millions de chômeurs/ses ? Aujourd’hui, il est important pour Cécile Helle de montrer qu’elle est solidaire avec la majorité gouvernementale socialiste à laquelle elle appartient. Elle le fait en nous expulsant par la force de la Maison du Peuple.

Nous saurons dans les prochains jours tirer les conséquences de ce revirement politique.

SUD Culture 84
sudculture84@no-log.org
0668622321
79 avenue Monclar 84000 Avignon

Triple précarité au Ministère de la Culture

Voici le texte sur la précarité au ministère de la Culture, faite lors de la « Conférence vraiment sociale » du 7 juillet dernier.

Le ministère de la Culture est un petit ministère qui compte 23 000 agents. Parmi ceux-ci/celles-ci, près de 8 000 sont des contractuel-les, qui n’ont donc pas le même statut professionnel que les agents fonctionnaires.
Près de la moitié de ces contractuel-les, soit près de 4 000 agents, sont des précaires, qui subissent en fait une triple précarité [lire la suite dans le fichier lié].

Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014

2014 07 decryptage accord du 22 mars 10 juin 14L’analyse fouillée de la nouvelle réglementation révèle qu’elle touchera tous les chômeurs.
Le croisement des différentes règles qu’elle instaure est une machine infernale d’exclusion et de fragilisation, qui poussera chacun à accepter de travailler dans la plus grande précarité, en acceptant tous les petits boulots qui se présenteront.

 Pour mémoire, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France.
Le développement d’une main d’oeuvre malléable découle des options politiques et économiques du gouvernement et des partenaires sociaux signataires.
L’opacité, l’obscurité, la complexité de ce texte, à l’inverse de la prétendue simplification annoncée, obligera le chômeur à se transformer en expert de sa propre situation. En face, les agents pôle emploi surchaufferont par la multiplication des dossiers générant des blocages, des indus et des failles
d’interprétation.

 Comme précédemment en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Italie, nous assistons au processus
européen de démantèlement de l’assurance chômage…

Lisez le Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014 en pièce jointe.

Parce que le festival Off d’Avignon est aussi le nôtre !

Nous sommes artistes, techniciens, intermittents du spectacle et compagnies, inscrits cette année dans un des lieux du Off.

Réunis en collectif, nous parlons, imaginons, réfléchissons à des moyens de nous mobiliser, ensemble, contre l’accord du 22 mars 2014, agréé le 26 juin dernier.

Parce qu’il est la suite logique de la réforme de 2003 contre laquelle nous nous battons, Parce que l’accord dans son ensemble, bien au-delà des seules annexes 8 et 10, touche les plus précaires, à l’heure où 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés, Nous vous proposons de nous rejoindre, dès maintenant, et tout au long du festival, pour imaginer,
parler, agir ensemble pour son abrogation.

Chacun, chaque compagnie, chaque lieu pourra, bien sûr, décider de ses propres modalités d’action.

Un vote concernant la grève (sous toutes ses formes, reconductible, perlée..) peut notamment être organisé au sein de chaque compagnie qui le souhaite.

Un soutien financier au mouvement peut également être décidé, en versant cachets, recettes, prix de cession des spectacles, aux caisses de soutien ou de grève, de la coordination de son choix (voir leurs coordonnées en bas de page).

Il est important de nous réunir autour de propositions communes, et de nous donner dès maintenant des rendez-vous collectifs

Ce vendredi 4, jour de grève nationale, nous proposons :

  • de fermer nos générales (pas de public, ni de presse),
  • de profiter de l’espace de communication qui nous est dédié dans nos théâtres, pour informer sur nos réalités. Cette année, il est important que nous communiquions sur ce que coûte le Off aux compagnies ! Durant toute la durée du festival, affichons le montant de la location de nos salles et un texte intox/ désintox sur les annexes 8 et 10 et sur la convention chômage dans son entier (cijoint, le tract pouvant aussi être distribué aux publics). Mettons en place une caisse de soutien aux
    intermittents et précaires, de façon visible dans nos lieux.
  • À 15h : Départ devant la préfecture d’Avignon manifestation unitaire qui rejoindra la parade
    militante.
  • À 17h : Départ Place de l’horloge – Parade militante, autrement dit, manifestation du off !
  • Lundi 7 juillet : Journée de grève dans le Off, en écho à la « Grande conférence sociale »

Nous pensons qu’il est primordial de répondre massivement à cet appel à une grande journée de mobilisation du Off. Faire grève le 7 juillet, en ce début de festival (puisque le festival Off ne sera pas commencé le 4 juillet), nous semble être un geste fort de soutien à tous ceux qui ont pris le risque, moral et financier, d’annuler leur spectacle avant nous (27 jours de grève au Printemps des comédiens !). Cette journée nous donnera le temps d’aller rencontrer d’autres personnes touchées
par cet accord (intérimaires, employés précaires, chômeurs). Elle nous permettra aussi d’organiser un débat, sur le fonctionnement du Off d’Avignon (laboratoire idéal de l’ultralibéralisme ambiant).

Tout le long du festival, tenez-vous informés des actions proposées par les coordinations,
les équipes du Off et du In, et n’hésitez pas à proposer des idées d’actions.

La coordination d’Avignon dispose d’un lieu dédié sur toute la durée du festival.

Maison Manon

 12 rue des Carmes

 84045 AVIGNON

Ce sera notre point de rendez-vous à partir de 9h tous les jours, l’endroit où les compagnies pourront trouver des tracts, badges, autocollants… L’endroit où nous pourrons nous accorder, nous coordonner et nous informer sur un agenda commun.

La CIP-IDF y propose des autocollants « Pas d’accord » (9 cm de diamètre, noir et blanc), que chacun pourra coller sur ses affiches et qui donneront de la lisibilité à la mobilisation. Sur demande, nous pouvons vous fournir la maquette, pour que vous en fassiez imprimer.

Nous pensons demander un soutien concret aux lieux, aux pros, aux sociétés civiles. Nous proposons de le faire au nom du collectif, et nous demanderons également à l’association Avignon Festival & Compagnies (le Off) de transmettre ces demandes via leurs fichiers (une fois encore,
cette association n’existe que grâce à nous !).

Vous trouverez, sur le site Cip-idf, la valise de l’été, qui contient un décryptage de l’accord du 22 mars, un appel à la grève, des textes d’information pour les équipes et les publics, une lettre adressée aux députés, un appel à dons pour les caisses de soutien ou de grève et d’autres outils qui aideront à organiser les actions à mener sur place.

Merci de nous faire un retour sur toutes ces propositions à l’adresse :
on.va.pas.la.boucler@gmail.com

Ensemble, nous sommes plus visibles et plus forts !

Le collectif Avignon Off de la Cip-Idf


Pour les caisses de solidarité

En Ile de France, merci d’envoyer un chèque à :

 CIP- IDF / Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile de France

 3 rue d’Aligre

 75012 Paris

 en spécifiant au dos du chèque rédigé à l’ordre de l’AIP-IdF :

 « Caisse de grève » pour soutenir les grévistes, ou « Soutien à la lutte » pour aider la coordination IdF.

CAISSE DE SOUTIEN AUX GRÉVISTES DU MOUVEMENT UNITAIRE LR

 Merci d’envoyer vos dons à : URF CGT LR C & C

 Union Départementale CGT

 Maison des Syndicats

 474 Allée Henry II de Montmorency

 34000 Montpellier

Pour Avignon, merci d’envoyer un chèque à :

 AIP-PACA c/o M. Chenevier

 18 rue du Chapeau Rouge

 84000 Avignon

 en spécifiant au dos du chèque rédigé à l’ordre de l’AIP-PACA :

 « Caisse de grève » pour soutenir les grévistes, ou « Soutien à la lutte » pour aider la coordination PACA