Pour un débat ouvert, démocratique, multiple et fructueux sur les conditions d’application de la réforme du statut d’enseignant-chercheur dans les établissements d’enseignement supérieur de l’architecture

Compte-rendu de réunion au Ministère de la Culture : groupe de travail administration centrale +Organisations Syndicales +directeurs des ENSA +enseignants membres du comité d’experts – 10 janvier 2018

A l’initiative de l’administration du ministère, un groupe de travail a été constitué pour suivre la mise en œuvre des textes de la réformant en profondeur les ENSA : gouvernance et statut des enseignants chercheurs. Cette consultation aboutira à l’élaboration de textes réglementaires (arrêtés…) qui viendront préciser les décrets et à établir le « doctrine » c’est-à-dire l’esprit de la loi.

Trois camarades de SUD-Culture étaient présents de 10h à 18h, il s’agit de Marianne Veillerot, Patrick Bottier et Nabil Beyhum. Pour la CGT étaient présents Dominique Dehais, Olivier Gahinet et Jac Fol, pour la CFDT, Michèle Ducret.

Ont été excusés les représentants du collège des directeurs des ENSA.

Autres présents à la réunion, les membres du Comité d’experts auprès du ministère, Claire Parin, présidente, Catherine Grout, Jean Lucien Bonillo, Nicolas Pauli, Francis Nordemann.

5 documents ont été présentés par Mme Agnès Vince, directrice de l’architecture entourée de Christian-Lucien Martin, Philippe Grandvoinnet, Nathalie Jacob, Romain Guisti, Stéphanie Ricatti et Kevin Thiery.

Il s’agit :

• Du calendrier de mise en œuvre de la réforme déjà présenté à une précédente séance du CT des ENSA ;

• Du document numéroté 2.2 et intitulé projet d’arrêté fixant la liste des corps de fonctionnaires assimilés aux maîtres de conférences et aux professeurs ;

• Du document 2.3, intitulé Projet d’arrêté relatif à la procédure d’inscription sur les listes de qualification aux fonctions de maître de conférences;

• Du document 3.1, Arrêté relatif à la composition, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil National des enseignants-chercheurs des ENSA (comportant un tableau de répartition par disciplines et grades)

• Du document 3.2, Projet relatif à l’élection des membres titulaires et suppléants du Conseil National des Enseignants-chercheurs des ENSA comportant en Annexe un calendrier pour un scrutin en mai-juin 2018.

L’essentiel des discussions a porté sur l’imminence de la constitution du Conseil national des enseignants chercheurs des écoles d’architecture CNECEA, urgence dictée pour respecter ce calendrier électoral. « Le CNECEA est l’instance nationale représentative de la communauté pluridisciplinaire des enseignants-chercheurs des ENSA ». Il est composé de 36 représentants dont 12 nommés par le ministère, et d’autant de suppléants, pour représenter les professeurs et les maîtres de conférences des ENSA. Les missions énoncées sont celles classiques d’une CAP : examen des dossiers d’avancement, congés d’étude et de recherche… Il a un rôle central dans le processus de recrutement des enseignants titulaires : établissement des listes de qualification, doctrine et conseil pour la constitution des comités de sélection locaux. C’est lui qui définira les critères de décharge recherche que chaque ENSA appliquera et déclinera dans son instance académique. Les élections doivent se dérouler au plus tôt pour assurer, entre autres, la gestion des nouvelles candidatures d’enseignants-chercheurs des ENSA qui a été stoppée cette année. Le scrutin devrait se faire sur base de listes et à la proportionnelle.

Les représentants des comités d’experts ont exprimé le souci d’une représentation disciplinaire bien définie, les représentants de l’administration ont présenté différents scénarios formels d’organisation des élections de façon à distinguer le vote et son résultat. Les trois organisations syndicales ont souligné la difficulté, voire l’impossibilité, d’organiser un vote fractionné par disciplines et par grades (six disciplines TPCAU, HCA, STA, ATR, VT, SHS et deux grades professeur et maître de conférence), mais aussi sa non-représentativité des intérêts généraux et la dispersion de la légitimité des votes pour un nombre trop restreint de votants.

Pour sa part SUD-Culture Solidaires a exprimé une position ferme rejetant la multiplication des urnes à l’infini tout en demandant que l’équilibre entre disciplines soit maîtrisé à la sortie.

La position de notre syndicat se décompose en deux parties :

• demander que le résultat à la sortie tienne compte d’une répartition précise, équilibrée, juste, équitable entre disciplines et grades, les nominations du ministère se justifieraient comme compensatoires si un déficit se manifestait,

• demander que le corps électoral soit maintenu unifié, que l’expression des votes se fasse dans la même urne (une par grade).

Nous posons la question de savoir si un trop grand effritement des votes est nécessaire, possible (dans le sens de réalisable), démocratique, s’il ne dénature pas la notion de proportionnelle et ne nous fait pas revenir à une élection à la majorité, mais surtout s’il n’est pas antinomique avec la question même de la recherche qui se doit d’être, surtout en architecture, multidisciplinaire ? Effriter le corps électoral par une politique de votes par collèges ne plonge-t-il pas les enseignants chercheurs dans un environnement de réflexion où seule la discipline est un horizon et l’interdisciplinarité oubliée ? La recherche ne se constitue-t-elle pas à la marge des disciplines, ne reproduisant pas le passé disciplinaire mais inventant des lieux nouveaux où se dessinent des avenirs ? Comment associer pratique et réflexion critique si nous les séparons dans l’expression politique, faut-il continuer de penser la recherche hors-sol ? Nous pensons qu’il est tout à fait possible de bien représenter les intérêts et la représentativité des disciplines, l’équilibre entre elles, tout en conservant un vote unifié en UN SEUL COLLEGE.

SUD-Cultures Solidaires appelle à ce que soient ouverts des lieux de discussion démocratiques dans les écoles sur l’application de la réforme et ses contenus. Il ne s’agit pas seulement d’informer sur les contenus et leurs conséquences, mais d’associer, maintenant que l’on vient aux applications, les principaux concernés aux débats, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici. Il faut que chaque école, chaque instance, chaque enseignant s’empare du projet de réforme et explique sa conception de son application.

L’association de la pratique professionnelle et de la recherche n’est pas une tâche simple, mais n’est-elle pas assez noble pour que les opinions s’expriment et discutent ?

IL FAUT OUVRIR LE DEBAT !

SUD-Culture Solidaires a rappelé à maintes reprises que la mise en application de la réforme ne saurait se faire sans moyens accrus, le bouleversement attendu est d’une telle ampleur que se contenter d’une réflexion sur le côté juridique de la réforme sans engagement des moyens nécessaires est surprenant de la part d’une administration qui devrait mieux mesurer les conséquences qui commencent à poindre. Elle ne peut non plus se faire sans une redéfinition des missions du Bureau de la Recherche Architecturale, Urbaine et Paysagère, d’un élargissement de ses compétences, d’une meilleure précision de la qualification de ses missions, de la convocation d’assises sur la recherche en architecture, de recréation de comités consultatifs chargés d’épauler le BRAUP.

SUD-Culture Solidaires appelle nos collègues à exprimer par retour de courrier les réflexions, recommandations, points de vue de nos collègues, pour que s’instaure enfin un débat de fond sur une réforme qui engage le devenir de nos écoles.

Téléchargez le tract complet en pdf ci-dessous !

Relocalisez l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette

etds

Parce que l’ENSA Paris-La Villette souffre aujourd’hui de locaux vétustes, trop petits, énergivores, amiantés, éclatés ;

Parce que le Ministère de la culture fonctionne au ralenti, qu’il promet beaucoup mais que rien ne se passe ;

Parce qu’au-delà de ça, nous continuons tous à œuvrer pour que cette école nous permette de nous construire et soit un espace de créativité ;

Merci de nous soutenir en signant la pétition en ligne !

Page Facebook : Action Reloc La Villette

Mail : actionreloc.lavillette@gmail.com

etds

Madame la Ministre,

L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette est domiciliée dans des locaux trop petits, qui sont depuis plus de 25 ans, vétustes, inadaptés, énergivores, éparpillés en trois lieux, et rendent aujourd’hui particulièrement difficiles, pour ses étudiants, ses enseignants, ses chercheurs, et l’ensemble de ses personnels administratifs, leurs activités quotidiennes et leurs apprentissages.

L’ENSA de Paris la Villette a déjà mis en place une gestion rigoureuse de ses locaux et de ses budgets, dont l’efficacité ne suffit absolument plus à solutionner les problèmes créés par l’incompatibilité entre les surfaces attribuées et les missions qui lui sont confiées.

Pendant plus de 15 ans, plusieurs études ont été menées, des promesses de relocalisation ont été faites par le Ministère de la Culture à plusieurs reprises sans qu’aucune suite ne soit donnée.

En 2015, une démarche contractuelle a été enfin engagée entre l’école, les services du Ministère de la Culture et son opérateur immobilier, l’OPPIC. Après plusieurs mois de travail et de concertation, consacrés à une étude de pré-programmation exprimant nos besoins qualitatifs et quantitatifs, ainsi qu’à la recherche de sites, une décision ministérielle devait intervenir fin 2016. Repoussée au printemps 2017, elle n’a finalement toujours pas été prise alors qu’une série de sites potentiels ont bien été identifiés et évalués.

Nous, soussignés, étudiants, enseignants, personnels administratifs de l’ENSA Paris la Villette, les trois instances de l’école (Conseil des Études et de la Vie de l’École, Conseil Scientifique, Conseil d’Administration) et tous les soutiens du monde académique et professionnel, vous demandons instamment, Madame la Ministre, d’engager le choix d’un site de relocalisation de l’école et le planning budgétaire de cette opération.

Cette pétition sera remise à:

Ministre de la Culture
Françoise Nyssen

Communiqué de SUD-Culture sur les textes de la réforme des statuts des enseignants-chercheurs et des établissements d’enseignement de l’architecture

2017 05 Tract Sud Culture Solidaires -Protocole-ENSA-ENS-CHERCHEURS-ETC-POURQUOISuite au rapport de l’IGAC- des négociations ont été engagées par la direction de l’architecture
sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs et des établissements. Ces négociations
ont duré de longs mois, les textes ayant été portés devant le conseil d’état, SUD-Culture Solidaires résume sa position : Vigilance et Exigence.

Lisez la suite de ce communiqué ci-contre.

8 mars égalité des droits entre les femmes et les hommes : Tout est loin d’être rose au Ministère de la culture

INTERSYNDICALE MINISTÈRE DE LA CULTURE

CGT FSU SUD UNSA

Ce sont nos luttes qui ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Les lois sont là, elles sont même nombreuses et touchent à nombre de domaines : les salaires, le champ professionnel (de l’embauche à la promotion en passant par les conditions de travail), le droit des femmes à disposer de leurs corps, contre les violences… Malgré cela, en 2017, alors que sur le papier l’égalité femmes/hommes existe, l’égalité réelle est loin d’être acquise et les femmes doivent toujours se battre contre diverses formes de domination à tous les niveaux : travail, salaire, sexisme, violence…

Un 8 mars de lutte pour l’égalité !

La journée du 8 mars est la journée internationale pour les droits des femmes, ce n’est pas la journée de « la » femme, c’est une journée de luttes. En 2017, la mobilisation est plus que jamais nécessaire. Face à ceux qui en France, comme aux États Unis, en Russie, en Pologne ou encore en Turquie veulent remettre en cause nos droits et libertés. Mais aussi pour gagner enfin l’égalité, au travail comme dans la vie. En France, les femmes sont toujours payées 26% de moins que les hommes, et arrêtent chaque jour d’être payées à 15h40. Les femmes refusent de continuer à travailler gratuitement, d’être enfermées dans les temps partiels, de ne pas avoir de perspective de carrière ou d’être confrontées à des violences sexistes et sexuelles.

Tout est loin d’être rose au Ministère de la culture et de la communication

En 2013, un protocole d’accord sur l’égalité professionnelle femmes/hommes, dans la fonction publique, a été signé par l’ensemble des organisations syndicales. Cet accord devait être décliné et appliqué par l’ensemble des employeurs publics. Il aura fallu quatre ans pour que le Ministère de la Culture et de la Communication envisage l’ouverture de négociations. Pourtant, le ministère est loin d’être exemplaire.

La ségrégation horizontale est bien présente avec des femmes largement minoritaires dans la filière technique et surreprésentées dans la filière administrative. Quant au plafond de verre, il reste difficile à briser. En administration centrale, c’est la dégringolade pour les femmes avec 42% de femmes aux postes de directions au 1er janvier 2016 contre 54% en 2014. La situation dans les établissements et les services à compétence nationale est toujours aussi lamentable et critique avec à peine plus d’un tiers de présidentes. Et la composition des jurys ne garantit assurément pas un recrutement non sexiste. Au Ministère de la Culture et de la Communication, les hommes dirigent et se recrutent !

Comme ailleurs, les femmes sont également moins bien payées que les hommes. Certes la progression indiciaire est liée à l’ancienneté (et les hommes du ministère sont en moyenne plus âgés), mais ne considérer la différence de rémunération entre hommes et femmes au ministère qu’au travers cette donnée, c’est faire fi des situations d’interruption (congés parentaux, temps partiels) qui freinent cette progression et restent l’injuste apanage des femmes.

Quant aux primes, elles participent très largement à cet écart de rémunération : le montant des primes des hommes étant supérieur dans dix-neuf corps de fonctionnaires sur vingt-six présents au ministère (Bilan social 2014) !

Alors, le 8 mars, à 15h40, on arrête tout !

8 mars 2016 Journée internationale de LUTTES pour les droits des FEMMES !

Journee_internationale_de_luttes_pour_le_droit_des_femmes_-_image_2016.png

Pourquoi le 8 mars ?

C’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Historiquement c’est en 1910 que Clara Zetkin (révolutionnaire allemande), lors du congrès international des femmes socialistes, proposa d’organiser chaque année une journée internationale de la femme. Mais ce n’est pas la journée de « la » femme (symbole de la féminité) comme les médias se complaisent à le répéter. Il n’y a pas une femme, mais des femmes, toutes différentes, qui luttent jour après jour, année après année pour l’égalité !
Et pourtant, dans plusieurs établissements du ministère de la culture, le 8 mars est devenu la journée célébrant les représentation de LA femme, à travers manifestations, expositions et parcours thématiques. Ils renforcent ainsi auprès du public le stéréotype de la femme universelle sans jamais donner à s’interroger sur ce concept.

 Pourquoi se battre ?

Les inégalités entre les femmes et les hommes persistent malgré des batteries de lois !
Et ceci malgré les luttes menées par les femmes qui ont permis aux femmes d’accéder au travail, à l’indépendance vis-à-vis du conjoint, à la contraception, à l’IVG, à la reconnaissance et la condamnation du harcèlement sexuel, des violences faites aux femmes…

 En 2016, l’égalité n’est toujours pas là : il y a encore des combats à mener.

La suite en pièce jointe.

Journee_internationale_de_luttes_pour_le_droit_des_femmes_-_image_2016.png