SUD Culture Solidaires appelle à la grève féministe ce dimanche 8 mars 2026
Cet appel à la grève s’adresse à tout le secteur culturel : cinéma, spectacle vivant, musées, tiers- lieu, fondations, bibliothèques, salles de spectacles, librairies., public comme privé. Fermons nos lieux culturels et sortons manifester.
Face aux offensives réactionnaires, mobilisons-nous toustes ensemble pour défendre les droits, aujourd’hui menacés, de toutes les femmes et les minorités de genre et en gagner de nouveaux !
Si l’on ne défend pas la culture maintenant, on déroule le tapis rouge à l’extrême droite
Notre secteur est attaqué par l’extrême droite et ses idées nauséabondes. Les discours de haine progressent et sont davantage acceptés, alors que les espaces de débat et d’ouverture sont menacés. Les librairies sont vandalisées, les spectacles queer menacés, certaines subventions pour des associations culturelles ou des compagnies de théâtre sont réduites ou supprimées. Des milliardaires d’extrême droite grignotent le monde du livre et des médias, laissant de moins en moins de place à la contradiction et véhiculant plus facilement des idées qui prônent la haine de l’autre.
Lorsque l’extrême droite occupe le terrain, ce sont en premier lieu les droits des femmes, des personnes trans, queers, racisées, handi, étrangères qui sont menacés. L’extrême droite assume un discours raciste, xénophobe, misogyne, homophobe, biphobe, transphobe et validiste et attaque les locaux des associations qui accompagnent les personnes victimes de discrimination, comme le Planning familial.
Nous le constatons en France mais pas seulement : ce 8 mars nous nous mobilisons aussi pour nos sœurs du monde entier, de Palestine, du Yémen, du Soudan, du Mali, des États-Unis, nous crierons pour nos sœurs d’Ukraine, d’Iran, du Congo, du Rojava.
Notre vision est internationaliste : si l’attaque est mondiale, la riposte doit être globale. Partout où l’on tente de nous briser, la lutte est vivante !
Ce 8 mars est un dimanche : on fait Grève et on arrête tout !
Le dimanche n’est pas un jour de repos ni pour les femmes ni pour les travailleureuses de la culture. Dans notre secteur il est normal de travailler le dimanche. Et pourtant les femmes sont impactées directement par la discrimination au travail, les inégalités salariales, les violences sexistes et sexuelles. Et quand le travail salarié s’arrête, le travail gratuit commence. Ménage, cuisine, devoirs, soins aux proches : pour la majorité des femmes, le dimanche est une deuxième journée de travail. Le monde ne peut pas tourner sans nous. Alors le 8 mars, pour visibiliser l’invisible, faisons la grève, en arrêtant le travail salarié ou gratuit, en manifestant partout !
Les industries culturelles n’aiment pas la parité
Les inégalités salariales perdurent plus de 50 ans après l’adoption des premières lois visant pourtant à les faire disparaître. Dans les secteurs culturels, les femmes gagnent 20% de moins que les hommes et sont de plus en plus souvent à temps partiel dans des proportions plus importantes que les hommes. Pour la majorité d’entre elles, il s’agit d’un temps partiel imposé. Toutes ces inégalités viennent jalonner leurs carrières et impacter leur retraite.
- Les femmes sont très minoritaires aux postes de direction dans le spectacle vivant (22%), encore moins que dans des établissements culturels publics (39%).
- Les femmes ne sont que 30% parmi les techniciennes du spectacle vivant, les écarts de salaire étant les plus marqués dans cette branche.
- Les films réalisés par des femmes sont moins financés de 40% que ceux de leurs homologues masculins. Seuls 3% des films à gros budgets sont réalisés par des femmes.
- Parmi les 12 réalisateurices ayant réalisé plus de 10 films dans leur carrière, seules deux sont des femmes (Anne Fontaine et Claire Simon).
- Dans les métiers du livre, les femmes gagnent 15,5% de moins que les hommes à temps de travail égal. Dans l’édition jeunesse, elles gagnent 25% de moins alors qu’elles représentent 70% des auteurices !
C’est pourquoi par cette grève, SUD Culture Solidaires revendique :
- La réouverture de négociations sérieuses pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes au sein du Ministère de la Culture.
- La mise en place de toutes les mesures garantissant une égalité salariale et une égalité des déroulés de carrières femmes/hommes avec des moyens financiers adaptés.
- La revalorisation des métiers à prédominance féminine et la favorisation de la mixité des métiers.
- Un véritable plan de titularisation des contractuel-les, en priorité des précaires et une amélioration des droits des non-titulaires.
- La fin des temps partiels imposés que subissent majoritairement les femmes.
- La protection et l’accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles.
- Une meilleure prise en compte des besoins des femmes en matière de santé à travers des mesures de prévention spécifiques, notamment l’allocation d’autorisations spéciales d’absence et la mise à disposition de protections hygiéniques gratuites sur les lieux de travail et d’études.
- Le droit d’absence pour la santé hormonale sans justificatif médical, ni délai, par simple information à la hiérarchie, et que soit considéré comme du temps de travail effectif
- Un travail de sensibilisation au repérage, mais aussi à l’accompagnement des victimes de violences conjugales, en leur accordant notamment des autorisations spéciales d’absence pour leur permettre d’effectuer toutes les démarches nécessaires.
- Dans les festivals et événements culturels, une réelle prise de conscience des Violences et Harcèlements Sexistes et Sexuels avec : un protocole pour lutter contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles et une prise en charge des victimes, des référent·es VHSS dans tous les événements, une communication sur la prévention des VHSS pour le public, les bénévoles et les salarié·es.
Pour un 8 mars solidaire avec nos camarades de luttes, soyons également présent·es lors des actions du 14 et du 21 mars, à l’occasion de la manifestation contre le racisme, le fascisme et les violences d’État et de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.





