CHARTE DE L’ADHÉRENT-E DE SUD CULTURE SOLIDAIRES

Le principe et le contenu d’une charte de l’adhérent-e ont été adoptés lors du 2e Congrès de SUD
Culture Solidaires, en 2002. La présente version a été actualisée à l’issue du 4e congrès de
mars 2009. Elle a pour objectif de donner quelques-uns des principes essentiels que nous nous
sommes donnés collectivement – notamment à travers nos statuts et textes d’orientation.

Diffusée à l’ensemble des adhérent-e-s, elle est systématiquement adressée lors de toute nouvelle
demande d’adhésion avec les statuts du syndicat.

Cette charte stipule que le/la salarié-e qui décide d’adhérer à SUD Culture Solidaires doit se
reconnaître – ou ne pas être en opposition – avec les positions affichées, défendues collectivement
par le syndicat. Pour cela, il/elle doit en connaître très rapidement les bases, afin d’adhérer en toute
connaissance de cause.

La charte de l’adhérent-e permet ainsi à chacun-e d’avoir un minimum d’éléments de
compréhension de SUD Culture Solidaires et de l’Union syndicale Solidaires.

L’adhérent-e est la base même du syndicat
Décider d’adhérer est le résultat d’un choix individuel

Cette décision implique un certain nombre d’obligations de la part du syndicat envers l’adhérent-e –
principalement des obligations de défense, de formation, d’information et de consultation.

L’adhérent-e peut décider, ou non, de militer au sein du syndicat.

L’adhérent-e peut décider, ou non, selon les modalités prévues par les statuts et le règlement
intérieur du syndicat, d’assumer des responsabilités au sein de celui-ci.

Militer et assumer des responsabilités implique pour l’adhérent-e un certain nombre d’obligations
(information et consultation des adhérent-e-s et des salarié-e-s qu’il/elle représente, participation
régulière aux instances pour lesquelles il/elle est mandatée et aux instances internes du syndicat,
engagement de ne pas utiliser la structure syndicale au service d’une structure politique).

Conformément à ses statuts, SUD Culture Solidaires poursuit l’objectif de construction d’un
syndicalisme :

 de transformation sociale dans la perspective de la construction d’une société autogestionnaire et
égalitaire, anti-capitaliste et anti-totalitaire, qui repose sur le principe de la démocratie directe ;

 indépendant de l’État, du patronat et de tout groupe politique, philosophique ou religieux ;

 pluraliste, c’est-à-dire acceptant en son sein la pluralité des opinions, hors l’affichage et la
diffusion d’opinions sexistes, xénophobes ou racistes, et reconnaissant à tous-tes le droit d’opinion
sur la base du respect des mandats syndicaux ;

 fédéraliste, c’est-à-dire accordant une large autonomie aux sections, aux structures locales dans la
prise de décisions, sur la base du respect des orientations collectives arrêtées en Congrès et en
Conseil des sections ;

 féministe, dans le sens qu’il lutte pour l’égalité, tant professionnelle et sociale que citoyenne, entre
les femmes et les hommes. Il se donne aussi pour objectif d’atteindre la parité dans toutes ses
structures internes et dans sa représentation face à l’employeur ;

 reposant sur la mobilisation, l’action et la négociation, et cherchant dans la lutte à réaliser l’unité
la plus large des citoyen-ne-s et la démocratie directe dans son fonctionnement et dans les luttes ;

 ayant une vision interprofessionnelle et refusant de se réfugier dans des intérêts catégoriels et
corporatistes ;

 faisant de la lutte contre la précarité, les exclusions, les inégalités, les discriminations une priorité
et à ce titre, partenaire des structures citoyennes impliquées dans ces mêmes combats ;

 cherchant à développer une stratégie et une pratique syndicale permettant aux salarié-e-s de mieux
faire le lien entre ce qu’ils/elles vivent au quotidien sur leur lieu de travail et une mondialisation
capitaliste libérale et financière en marche d’un bout à l’autre de la planète ;

 oeuvrant pour l’émancipation des individus, afin qu’ils puissent penser et agir sur leur
environnement de travail et être acteurs de leur vie.

Pour tout-e adhérent-e, adhérer à SUD Culture Solidaires c’est :

 adhérer aux statuts, chartes, règlement intérieur et orientations du syndicat, qui lui sont transmis
avant son adhésion ;

 acquitter sa cotisation ;

 se reconnaître – ou ne pas être en opposition – avec les positions affichées, défendues
collectivement par le syndicat, à savoir :

Sur la base d’études, travaux, réflexions… – en particulier dans le cadre de l’Union syndicale
Solidaires – visant à la mise en place d’une autre politique économique et sociale, une juste
répartition des richesses et des revenus et une égalité des droits, nous revendiquons (entre
autres) :


 l’arrêt de la précarité et de la flexibilité comme norme d’emploi et le droit pour tous à un emploi
stable et correctement rémunéré ;

 la réduction massive du temps de travail avec création d’emplois correspondants, sans perte de
salaire, sans flexibilité ;

 la mise en place d’un nouveau statut du salariat, assumé financièrement par le patronat en tant
qu’entité collective, garantissant la continuité d’emploi, de rémunération, de droits sociaux, de
qualification, de formation et de carrière ;

 l’harmonisation des différents régimes de retraite, avec le maintien du principe de répartition et le
retour du droit à une retraite pleine et entière à 60 ans maximum (sur la base de 37,5 annuités au
maximum) pour toutes et tous et dès 55 ans pour les travaux pénibles ainsi que le maintien de tous
autres acquis liés aux régimes spécifiques ;

 la création d’un revenu universel garanti et l’élargissement des minima sociaux, notamment aux
jeunes dès leur majorité ou leur émancipation ;

 l’amélioration des conditions de vie à travers l’augmentation, de manière significative, des minima
sociaux, des revenus sociaux et des salaires (avec priorité pour les plus bas d’entre eux), dans le
sens d’une réduction des écarts sociaux. La reconnaissance de droits économiques et sociaux
fondamentaux : droit au revenu, au logement, aux transports, à la santé, à l’éducation, à la
culture… ;

 l’instauration d’un régime universel de l’assurance maladie de haut niveau basé sur la solidarité,
avec la gratuité totale des soins et allant vers la prise en compte d’une couverture plus large en cas
d’invalidité…, couverture actuellement prise en charge par les mutuelles ou les assurances privées ;

 l’égalité professionnelle et salariale réelle entre les hommes et les femmes ;

 la mise en place de mesures concrètes contre toutes les formes de discrimination, qui frappent
notamment les femmes, les immigré-e-s, les jeunes (plus particulièrement issus des milieux
défavorisés), les handicapé-e-s, les minorités… ;

 la suppression des conditions de nationalité qui existent dans de nombreux emplois (du privé
comme du public).

Pour SUD Culture Solidaires, assurer l’égalité d’accès de tous et toutes aux mêmes prestations
c’est se battre pour le service public. Par essence au service des usagers, il doit le rester et
contribuer ainsi à la cohésion sociale. Défendre le service public, cela passe pour nous (entre
autres) :


 par une politique de dépenses publiques basée sur leur utilité collective, sociale et économique et
l’extension de l’intervention publique à d’autres domaines pour répondre aux besoins croissants et
diversifiés de la population ;

 par la lutte contre la déréglementation, la libéralisation, la privatisation, le démantèlement des
services publics ;

 par une fiscalité juste visant d’une part à baisser la taxation des revenus du travail et des produits
de première nécessité et, d’autre part, à augmenter de manière significative la taxation des revenus
financiers et des gros patrimoines afin de mieux répartir la richesse produite ;

 par la création d’emplois dans le secteur public et la mise en place de plans de titularisation sans
concours des personnels précaires.

SUD Culture Solidaires défend le pluralisme culturel, la liberté totale pour les artistes, la
défense des professionnels quelle que soit la discipline, l’accès à la culture et aux pratiques
culturelles le plus large, en particulier pour celles et ceux qui vivent dans la précarité et
l’exclusion, en dehors des grands centres urbains, etc.
Nous luttons pour une vraie politique publique culturelle qui (entre autres) :


 soit accessible au plus grand nombre, avec des tarifs de spectacles, d’expositions, de services
culturels, etc., accessibles à tous, la gratuité pour les sans ressources, des tarifs réduits pour les
précaires et les étudiants-e-s ;

 favorise la rencontre des cultures dans le respect de l’autonomie culturelle et de l’identité
collective des populations, oeuvrant pour le lien social et contrant ainsi la volonté de domination, de
contrôle et d’uniformisation au profit des seuls grands groupes marchands des pays industrialisés ;

 bénéficie de réels moyens humains et financiers à tous les niveaux (Union européenne, État,
région, département, commune, inter-communalité), au-delà même du caractère factice d’affichage
du fameux 1 % minimum pour le budget du ministère de la culture, largement insuffisant.
Par ailleurs, nous revendiquons que cette politique culturelle fasse l’objet d’un grand débat national
incluant notamment la question de son financement.

Partisan d’un syndicalisme impliqué dans la vie de la cité, SUD Culture Solidaires a fait de la
lutte contre la précarité, les exclusions, les discriminations… le fondement de son engagement.

Ce combat, nous le menons à travers des interventions propres à notre champ de compétence mais
aussi externes à celui-ci, c’est pourquoi (entre autres) :

 nous sommes engagés auprès de ceux qui luttent contre toutes les formes d’exclusions et plus
particulièrement tous les « sans » : sans-papiers, sans-travail, sans-logement, etc. ;

 nous soutenons, aidons, travaillons et luttons avec les organisations structurées sur ces terrains de
lutte (AC ! – Agir ensemble contre le chômage -, DAL – Droit au logement -, DD! -Droits devant ! -,
Collectifs de sans-papiers, Ras l’front, RESF – Réseau éducation sans frontières…) ;

 nous luttons contre les politiques gouvernementales actuelles en matière d’immigration,
notamment celles menées au nom d’une immigration « choisie » (basée sur des besoins économiques
au mépris des droits humains), et pour la satisfaction des revendications des sans-papiers
(régularisation immédiate de tous par une carte de 10 ans, abrogation des lois anti-immigré-e-s et de
la double peine, fermetures des centres de rétention…) ;

 nous luttons pour la liberté de circulation et d’installation des individus et l’égalité des droits des
populations immigrées (droit de vote en particulier) ;

 nous luttons aussi pour le droit à pouvoir vivre dans son pays d’origine, ce qui suppose l’arrêt des
politiques néo-colonialistes de pillages des ressources naturelles, humaines et culturelles au seul
profit des pays dits « développés » ;

 nous participons à des structures de réflexion et de lutte qui dénoncent sous toutes ses formes la
mondialisation financière du capital et une vision de l’Europe où seule prime la loi du marché et où
les préoccupations humaines, sociales et démocratiques sont oubliées ;

 nous luttons également pour l’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde.

Adhérer à SUD Culture Solidaires, c’est militer pour un projet social émancipateur, pour un
syndicalisme qui agit avec les salarié-e-s, et non à leur place, pour un syndicalisme de lutte et
de contre-pouvoirs ancré dans les réalités de la société… pour mieux la transformer. La
présente charte doit obligatoirement être remise à chaque nouvel-le adhérent-e.

CHARTE IDENTITAIRE DE SUD CULTURE SOLIDAIRES

Le syndicalisme : un outil de lutte pour la transformation sociale

Les attaques menées sous la coupe des marchés financiers et du néo-libéralisme économique
déferlent sur l’ensemble du monde du travail. Elles n’épargnent aucun secteur de la vie sociale,
exacerbent partout les impératifs de rentabilité financière et l’agressivité commerciale, libéralisent,
dérèglementent et privatisant les services publics ou sacrifient leurs missions. Elles réduisent
l’environnement, les êtres, leurs rêves et leurs espoirs à l’état de marchandises, vite rentabilisées et
vite jetées une fois consommées. Au développement du chômage, de la précarité et de la misère
sociale dans les pays dits développés correspondent la mise à sac du Tiers-Monde, des pays de l’Est,
et la pauvreté généralisée.

Dans ces conditions, prétendre apporter des solutions de fond sur un champ professionnel
spécifique en faisant abstraction du contexte général de la société ne serait que pure illusion. La
nécessité de se battre contre l’organisation sociale actuelle du travail (organisation hiérarchique,
parcellaire et aliénante) pour améliorer nos conditions de travail et de vie est indissociable d’un
combat plus large visant à substituer à l’actuel gâchis qui met en péril l’existence même de la
planète, une société solidaire débarrassée de l’exploitation et de l’oppression, basée en priorité sur
la satisfaction des besoins sociaux et écologiques.

Depuis son origine, le mouvement ouvrier a été divisé, et souvent déchiré, par l’opposition entre les
tenants d’un syndicalisme se bornant à atténuer les conséquences de l’exploitation capitaliste sans
jamais en attaquer la racine, et les défenseurs d’un syndicalisme d’émancipation des travailleurseuses
et de l’ensemble des exploité-e-s. Par ailleurs, une bonne partie du XXe siècle a vu l’idée
même de transformation sociale gravement pervertie et décrédibilisée par le soutien qu’une
composante non négligeable du mouvement syndical a apporté aux dictatures du « socialisme réel »
naguère en vigueur à l’Est.

SUD Culture Solidaires l’affirme sans ambiguïté : l’émancipation des travailleurs-euses ne peut se
faire qu’au prix d’une rupture avec le système capitaliste et tous les systèmes autoritaires et
d’oppression. Elle sera le fruit de l’action consciente, collectivement déterminée, mise en oeuvre et
librement consentie par les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes, ou elle ne sera pas.

C’est pourquoi SUD Culture Solidaires inscrit son action dans une double continuité :

 celle définie en 1906 par la CGT dans la charte d’Amiens, qui assigne au syndicalisme un double
objectif et une exigence : défense des revendications immédiates et quotidiennes, et lutte pour une
transformation d’ensemble de la société en toute indépendance des partis politiques et de l’État ;

 celle du projet de socialisme autogestionnaire porté par la CFDT au début des années 1970, dans
la mesure où il plaçait les travailleurs-euses et la nécessité de la démocratie la plus large au coeur de
l’objectif de transformation sociale comme de la démarche visant à y parvenir.

Cependant, un tel héritage ne constitue pas un dogme intangible. Pour une part, les modes de
syndicalisme qui se sont historiquement développés sur ces bases ont montré leurs limites. Par
ailleurs, les luttes qui interviennent depuis le début des années 1990 à l’initiative des chômeurs et
des « sans » pour la défense et la conquête de droits élémentaires ainsi que l’émergence et
l’élargissement depuis les mobilisations contre l’OMC à Seattle en 1999 du mouvement altermondialiste
interpellent le monde syndical. Elles conduisent nécessairement à élargir ces
conceptions, à refonder un projet syndical intégrant la dimension des différents mouvements
sociaux.

Un syndicalisme ancré dans l’interprofessionnel et dans la société

Lors de son 2e congrès, en 2001, l’Union syndicale Solidaires avait réaffirmé « [qu’elle] n’était pas
une fin en soi, mais un moyen pour que le syndicalisme de contrepouvoirs et de transformations
sociales [qu’elle] défend devienne majoritaire parmi les salariés ». Le syndicat SUD Culture
Solidaires fait sienne cette affirmation et s’inscrit pleinement dans les différentes initiatives qui
visent à favoriser la mise en oeuvre d’un pôle syndical interprofessionnel regroupant l’ensemble des
forces qui refusent dans notre pays l’accompagnement du (social)-libéralisme. Renforcer le poids de
Solidaires, c’est permettre à celui-ci de mieux peser dans les différents rapports de forces aptes à
favoriser une évolution plus large du mouvement syndical et la mise en oeuvre de propositions
alternatives. Il y a urgence à renouer avec un outil syndical, au niveau professionnel comme au
niveau interprofessionnel, à la hauteur des attaques et des défis actuels.

Face aux dégâts du libéralisme qui se manifestent aussi bien dans la précarisation des statuts, la
remise en cause du système de protection sociale, l’affaiblissement des services publics, les attaques
de droits fondamentaux comme la santé, l’éducation ou la culture, des dégradations
environnementales, ou sanitaires… SUD Culture Solidaires, comme l’Union syndicale Solidaires,
inscrit dans sa démarche syndicale la recherche de convergences durables et la construction de
mobilisations – au-delà des seules composantes du mouvement syndical – avec des mouvements
sociaux qui agissent eux aussi contre les dégâts du libéralisme.

C’est tout le sens de notre engagement aux côtés de tous les « sans » : sans-travail, sans-logement,
sans-papiers… et des autres forces sociales engagées dans la lutte contre la précarité, les exclusions,
les inégalités, les discriminations… En effet, les luttes menées par ces différentes structures, telles
AC ! (Agir ensemble contre le chômage), DAL (Droit au logement), DD ! (Droits devant !!),
Collectifs de sans-papiers, Ras l’front, RESF (Réseau éducation sans frontières)… et celles que
nous menons au sein de notre propre champ syndical, relèvent à l’évidence d’un seul et même
combat. Dès lors, il s’agit, ensemble, d’impulser des analyses et des mobilisations aptes à imposer
des contre-pouvoirs dans la société. Cet engagement trouve également sa traduction par l’aide
logistique, financière, matérielle… que nous pouvons apporter à ces structures, dans la limite de nos
moyens.

Face à la mondialisation du capital, qui a des conséquences concrètes sur la vie quotidienne des
travailleurs-euses et des peuples, la construction de rapports de forces à l’échelle internationale doit
faire partie intégrante de la stratégie d’action du mouvement syndical. A ce titre, SUD Culture
Solidaires, comme l’Union syndicale Solidaires, entend favoriser la constitution d’un réseau entre
les différentes forces syndicales qui, à travers la planète, partagent aujourd’hui des analyses
similaires.

La construction d’un rapport de force à l’échelle internationale ne saurait reposer uniquement sur le
mouvement syndical. Il s’agit également de construire les convergences entre les différents
mouvements de résistance à toutes les formes de la mondialisation libérale qui se déploient d’un
bout à l’autre de la planète. C’est tout le sens de notre participation aux différentes mobilisations
initiées dans ce domaine, notamment de notre participation aux forums sociaux locaux, européens et
mondiaux. Cet engagement ne se limite pas à la présence symbolique de quelques militants lors de
ces initiatives mais se traduit également par un travail de sensibilisation en direction des salarié-e-s
afin que ceux-ci/celles-ci puissent mieux faire le lien entre ces mobilisations et ce qu’ils/elles vivent
concrètement.

Un syndicalisme de lutte et de contre-pouvoirs,
indépendant mais pas neutre

Alors que dans notre pays les richesses augmentent, la précarité se développe, le chômage persiste,
et la misère s’accroît – y compris parmi la population salariée, les inégalités économiques, sociales
et culturelles ne se résorbent pas, elles augmentent même. Loin de disparaître, les classes sociales
perdurent. Aux inégalités économiques, sociales et culturelles subies par les ouvriers, les chômeurs
et les précaires, s’ajoutent des discriminations persistantes subies, dans le travail et dans l’ensemble
de la société, par les jeunes (et plus particulièrement ceux qui sont relégués dans les quartiers
ghettoïsés), les femmes, les travailleurs-euses âgé-e-s, les retraité-e-s, les handicapé-e-s, les
homosexuel-le-s, les immigré-e-s et tous les Français-es issu-e-s de l’immigration, etc.

Face à toutes les attaques subies par le monde du travail, le syndicalisme reste un outil
indispensable à la défense individuelle et collective des travailleurs-euses. C’est un outil nécessaire
pour informer, convaincre, rassembler, unir, organiser les luttes, transformer la réalité en faisant en
sorte que chacune et chacun devienne acteur dans une démarche d’émancipation sociale. Un outil
au service des intérêts collectifs de celles et ceux qui n’ont ni le pouvoir financier, ni le pouvoir
économique, ni le pouvoir intellectuel : le monde du travail dans ses multiples réalités actuelles. Un
outil pour analyser, résister et agir sur le monde, pour le transformer et non s’y adapter.

SUD Culture Solidaires inscrit dans sa démarche syndicale la lutte contre toutes les formes
d’inégalités et de discriminations persistantes et le combat contre toutes les formes de racisme et
toutes les idées et les politiques qui tendraient à favoriser les replis communautaristes. Notre
organisation syndicale agit sur ces questions, aussi bien dans les lieux de travail, que dans
l’ensemble de la société.

Notre projet syndical commun vise à mettre en oeuvre un syndicalisme de lutte et de contrepouvoirs
liant la défense quotidienne des salarié-e-s et la transformation de la société à travers la
construction de rapports de forces aptes à favoriser l’émergence de projets alternatifs favorables aux
salarié-e-s, chômeurs-euses, précaires… pour contrer les politiques libérales mises en place par le
patronat et les gouvernements.

SUD Culture Solidaires se doit d’analyser et d’agir sur les décisions des pouvoirs publics, des
gouvernements, des responsables politiques et patronaux, qui rentrent dans notre champ
d’intervention, tel que défini par nos statuts. Notre syndicalisme intervient sur le champ politique et
se refuse à cantonner son intervention sur les seuls problèmes revendicatifs immédiats.

Cela implique, entre autres, une pratique syndicale :

 reposant sur la mobilisation, l’action et la négociation,

 cherchant à réaliser l’unité la plus large des citoyens et la démocratie directe dans son
fonctionnement et dans les luttes,

 ne se réfugiant pas dans des intérêts catégoriels et corporatistes, mais ayant une vision
interprofessionnelle,

 faisant de la lutte contre la précarité, les exclusions, les inégalités, les discriminations une priorité
et à ce titre,

 partenaire des structures citoyennes impliquées dans ces mêmes combats…

 mettant en oeuvre une pratique de débats et de confrontation, et de participation aux mobilisations
avec les différentes forces politiques, dès lors que ces initiatives sont de nature à faire avancer nos
propres priorités revendicatives et/ou de transformation sociale.

Pour autant, le syndicalisme que nous construisons ne confond pas son rôle avec celui d’un parti
politique. Là où la vocation d’un parti politique, dans le système actuel, est d’accéder au pouvoir, et
donc, nécessairement, d’y effectuer des arbitrages entre les différentes composantes de la société, le
syndicalisme de transformation sociale entend rester en toutes circonstances un outil des
travailleurs-euses au service des travailleurs-euses, une organisation syndicale pluraliste se donnant
comme objectif de construire avec elles et eux un véritable contre-pouvoir face aux gouvernements
et aux partis politiques, quels qu’ils soient. C’est pourquoi SUD Culture Solidaires élabore ses
orientations et détermine son action dans la plus totale indépendance vis-à-vis des organisations
politiques, des gouvernements, de l’État, des groupes économiques et financiers, du patronat et des
logiques que les uns et les autres véhiculent.

Des pratiques démocratiques pour un outil syndical plus efficace

La démocratie constitue un principe fondateur fondamental. Développer des pratiques
démocratiques contribue à rendre crédible notre projet syndical et constitue aussi un gage
d’efficacité à travers la mise en place d’un fonctionnement favorisant le débat. L’exigence de
démocratie concerne aussi bien le rapport aux salarié-e-s que le fonctionnement interne du
syndicalisme. Contribuer à la rénovation du syndicalisme, à construire une alternative aux
confédérations, demande aussi de mettre en place un fonctionnement qui favorise le débat, qui
permet l’expression des divergences et qui se donne les moyens de construire un point de vue
partagé par le plus grand nombre. L’adhésion des salarié-e-s à notre syndicat suppose que notre
syndicalisme ne soit pas un syndicalisme d’appareil, mais un syndicalisme proche de ses adhérente-
s, à l’écoute et en phase avec leurs aspirations.

Ainsi, il s’agit de dépasser le syndicalisme de délégation, pour faire un syndicalisme qui agit avec
les salarié-e-s, et non pas à leur place. Ceux-ci/celles-ci veulent pouvoir donner leur avis,
s’exprimer sur toutes les questions qui les concernent. Il s’agit pour le syndicalisme de produire des
analyses, de les proposer, les vérifier, les enrichir. Il s’agit de susciter les débats, de faire émerger
les revendications et les projets collectifs, décidés et portés en toute connaissance de cause. Il s’agit
aussi de donner aux travailleurs-euses la possibilité de choisir et de mettre en oeuvre leurs modalités
d’action dans des cadres les plus unitaires possibles.

Une identité qui doit fonder notre pratique d’ensemble

SUD Culture Solidaires s’engage à se référer à cette charte dans ses sessions de formation ; il invite
ses sections à mettre cette charte au débat de leurs réunions, à en communiquer le texte à leurs
adhérent-e-s actuels et futurs, et à s’en inspirer dans leur intervention au quotidien. Dans une société
hiérarchisée, brutale, ne reconnaissant que la loi du plus fort, une pratique syndicale Solidaire,
Unitaire et Démocratique, visant à promouvoir respect des individus, action collective et justice
sociale, est perpétuellement menacée. À nous de l’entretenir, l’approfondir et l’élargir par une
vigilance de tous les instants.

Ainsi notre syndicat inclut dans ses statuts le préambule suivant

Syndicat de lutte et de contre-pouvoirs, ne s’arrêtant pas à la porte des entreprises et des
administrations, mais impliqué dans la vie de la cité, SUD Culture Solidaires entend lier :

 la défense des salarié-e-s ;

 la transformation de la société ;

 l’émancipation des individus afin qu’ils puissent penser et agir sur leur environnement de travail et
être acteurs de leur vie.

Solidaires, parce que SUD Culture Solidaires entend être aux côtés des exclus, des minorités et des
victimes d’une société qui n’hésite pas à placer le profit des uns au-dessus de l’existence des autres.

Unitaires, parce que rechercher à la base sur chaque mobilisation l’unité d’action la plus large est le
meilleur moyen de regrouper un maximum d’individus sur des objectifs communs.

Démocratiques, parce que chaque adhérent-e et chaque salarié-e doit pouvoir apporter sa propre
réflexion, enrichir le débat et participer à la transformation de la société.
Le syndicat SUD Culture Solidaires est la poursuite, sous une forme spécifique, de l’objectif de
construction d’un syndicalisme :

 de transformation sociale dans la perspective de la construction d’une société anti-capitaliste, antitotalitaire
et autogestionnaire qui repose sur le principe de la démocratie directe ;

 indépendant de l’État, du patronat et de tout groupe politique, philosophique ou religieux ;

 pluraliste, c’est-à-dire acceptant en son sein la pluralité des opinions, hors l’affichage d’opinions
sexistes, xénophobes ou racistes, et reconnaissant à tous le droit d’opinion sur la base du respect des
mandats syndicaux ;

 fédéraliste, c’est-à-dire accordant une large autonomie aux sections, aux structures locales dans la
prise de décisions, sur la base du respect des orientations collectives arrêtées en Congrès et en
Conseil des sections ;

 féministe, dans le sens qu’il lutte pour l’égalité, tant professionnelle et sociale que citoyenne, entre
les femmes et les hommes. Il se donne aussi pour objectif d’atteindre la parité dans toutes ses
structures internes et dans sa représentation face à l’employeur ;

 reposant sur la mobilisation, l’action et la négociation, et cherchant à réaliser l’unité la plus large
des citoyen-ne-s et la démocratie directe dans son fonctionnement et dans les luttes ;

 ayant une vision interprofessionnelle et refusant de se réfugier dans des intérêts catégoriels et
corporatistes ;

 faisant de la lutte contre la précarité, les exclusions, les inégalités, les discriminations une priorité
et à ce titre, partenaire des structures citoyennes impliquées dans ces mêmes combats ;

 cherchant à développer une stratégie et une pratique syndicale permettant aux salarié-e-s de mieux
faire le lien entre ce qu’ils vivent au quotidien sur leur lieu de travail et une mondialisation libérale
et financière en marche d’un bout à l’autre de la planète.