Pie que tout N°31

Le préfet de région prêt à sacrifier l’archéologie ?

Pie que tout N°31« Notre patrimoine constitue une chance pour la collectivité nationale. Mémoire de notre nation, il porte nos valeurs
en France et dans le monde. Contribuant à l’attractivité culturelle de notre pays, il est facteur de développement
économique et social, générateur d’emploi, mais aussi d’intégration individuelle et d’identité collective dans une
société changeante et fragmentée : c’est le moteur de mon action. Notre responsabilité envers le patrimoine est
donc immense ».
Renaud Donnedieu de Vabres, mai 2006

31.jpgPar manque de moyens humains
et financiers, les acteurs de l’archéologie
préventive, notamment
du service régional de l’archéologie
et de l’INRAP, éprouvent de
plus en plus de difficultés à mener
à bien leur mission de service
public.

C’est dans ce contexte particulièrement tendu que le
préfet de la région Picardie, vient de signer un arrêté retirant
la délégation de signature au conservateur régional de l’archéologie,
non seulement pour les prescriptions de diagnostic
mais également pour les arrêtés de désignation des responsables
d’opérations et les autorisations de prospections systématiques.
Désormais, le préfet de région signera lui-même
les prescriptions de fouilles préventives. (…)

Recherche Bimbo… (Agréable…)

Congés longue maladie,
congés longue durée, dépressions
fleurissent à la Drac.

Depuis des mois, voire des
années, plusieurs postes restent vacants au service
régional de l’archéologie.

La Lolf permettant de pourvoir ces postes, apparemment
de manière parcimonieuse, une vacance a
donc été diffusée pour un poste d’adjoint.
Ceci est une bonne chose, mais la teneur de cette
offre est
pour le moins surprenante.

31-2.jpgIl s’agira d’assurer le secrétariat du département
de l’Oise et de la Somme. Alors que le secrétariat
de ce dernier département est déjà pourvu et
qu’à notre connaissance, il n’a pas été question
d’en éloigner l’actuelle titulaire.

Quant aux qualités requises, elles valent qu’on s’y attarde.
« Aimer le contact avec le public, s’investir dans son travail et être
capable de gérer plusieurs tâches en même temps » avait sûrement
besoin d’être précisé au cas où une misanthrope dilettante et brouillonne
s’aviserait de postuler.

Nous employons le féminin à dessein, puisque l’offre se termine ainsi :
« Etre polie, agréable, disponible, organisée «  (…)

Journée nationale d’action contre l' »immigration jetable »

L’heure est particulièrement grave et la responsabilité qui incombe aux démocrates particulièrement lourde : la réforme de l’immigration sera examinée par l’Assemblée nationale à partir du 2 mai 2006.

Avec le projet de modification du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), la France deviendra l’un des pays de pointe de l’« immigration utile », c’est-à-dire un pays où les étrangers deviendront des outils de la prospérité nationale, jetables après usage.

Si le projet est accepté, la France deviendra un pays où les étrangers se verront contester le droit de vivre en famille, de se marier, d’avoir des enfants, d’étudier, alors que ces droits fondamentaux constituent, avec le droit d’asile, ce que le gouvernement appelle l’« immigration subie ».

RETOUR A DES VALEURS ARCHAÏQUES

Laisser passer la réforme revient à accepter le retour aux valeurs archaïques de l’inégalité des êtres humains selon leur origine ou la couleur de leur peau.

REFUS DU CPE ET REFUS DU CESEDA = MEME COMBAT

Laisser passer sans se révolter la réforme du CESEDA reviendrait à se placer en position de totale incohérence au regard du refus de CPE. La précarité à laquelle le gouvernement veut condamner les étrangers répond exactement au même utilitarisme économique que celui auquel il voulait condamner la jeunesse. Le projet de réforme ouvre la voie à un projet de société précaire pour tous, et condamne les sans-papiers à la clandestinité à vie.

Manifestation

samedi 29 avril 2006
Paris
14 heures Place de République

D’AUTRES RENDEZ-VOUS

  1. Soyons partout dans les manifs du 1er mai avec des banderoles contre la réforme du CESEDA.
  2. Manifestation nationale à Paris le samedi 13 mai.

La Mayday Parade !

Paris, le lundi 1er mai
à 18h métro Blanche

Qu’est-ce que le May Day ?

La May Day parade c’est la grande manifestation ouverte, revendicative et festive de tous les précaires. Un moment d’auto-organisation, de rencontres et de convergence. Nous voulons faire du Premier mai une fête des  précaires et travailleurs d’aujourd’hui. En 2006, ce moment de visibilité des luttes de précaires aura lieu dans une vingtaine de villes d’Europe et aux U.S.A. Vous êtes invités à y prendre part. Et parions ensemble qu’à travers toutes les villes où elles ont lieu, les manifestations seront encore plus nombreuses que les années précédentes pour réclamer plus de justice sociale.

 Le gouvernement a été obligé de retirer le CPE .

 La criminalisation du mouvement et la répression n’ont pas arrêté les manifestants .

 Les organisations de lycéens, d’étudiants et de salariés ont su garder l’unité qui a permis cette victoire .

 Mais il faut faire encore plus : ne pas relâcher la mobilisation contre la précarité, le CNE et contre la loi dite «Sur l’Egalité des Chances» porteuse en réalité d’inEgalités et de régressions du droit du travail . 

 Partout il faut relancer le débat et s’organiser pour mettre fin à la précarisation généralisée de nos vies

 Nos vies ne sont pas négociables !

Contre toutes les précarités !

Parce que nous ne sommes pas des variables d’ajustement !

Depuis des années, la précarité gagne du terrain dans tous les secteurs : temps partiels imposés, intérim, CDD, emplois jeunes… comme si cela ne suffisait pas, patronat et gouvernement veulent en imposer toujours plus : CNE, CPE, apprentissage dès l’âge de 14 ans, autorisation du travail de nuit à partir de 15 ans, CDD spécifiques pour les seniors, reforme visant à instaurer une immigration de travailleurs jetables… Toutes les générations et toutes les catégories de salariés sont visées par cette généralisation de la précarité. Les attaques contre le régime de chômage des intermittents suit la même logique. La Fonction publique, au sein de laquelle la part des contrats courts ne cesse d’augmenter, n’échappe pas à ces attaques avec la multiplication des recours aux CDD, vacataires, emplois aidés, PACTE, stagiaires…

De contrats précaires en contrats précaires, en passant par des périodes de chômage, le gouvernement et le patronat veulent soumettre le salariat. Ce qu’ils visent à terme, c’est la mort du CDI et l’instauration d’un contrat unique d’embauche individualisé qui donnerait tout pouvoir aux patrons pour licencier rapidement et sans motif tout salarié ! C’est ce qu’ils faisaient au 19ème siècle et c’est à quoi ils veulent nous faire revenir : un contrat unique de précarité pour toutes et tous ! Dans cette perspective, patronat et gouvernement accentuent mesure après mesure un travail de sape visant à liquider le Code du travail et à se débarrasser du Statut de la Fonction publique.

Il faut en finir avec cette précarité et ce chantage permanent à l’emploi. La lutte pour l’emploi ne passe pas par le démantèlement du Code du travail et la création d’emplois kleenex au profit du patronat. La précarité ne résout en rien le problème du chômage : elle l’amplifie et conduit de plus en plus de salariés à des situations de pauvreté alors même que les profits des entreprises continuent de grimper. Aujourd’hui on peut travailler… et vivre dans la rue (un tiers des sans-logis ont un emploi !).
                                                                                                                                   

Paris, le 21 avril 2006


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