Quelques nouvelles de l’action policière du 27 Mai à Barcelone …

Ce qui se passe actuellement dans les places de Barcelone comme dans d’autres places de tout l’état espagnol, c’est inouï. Et les médias se gardent d’en parler. Depuis des mois, toutes les semaines, les écoles, les lycées et les universités -élèves et profs- sortent couper les rues et les personnels des hôpitaux bloquent systématiquement les entrées et sorties de la ville, pour vous dire comment se respire là-bas.

Ce qui est déroutant c’est que tout se fait de forme pacifique et, bien sûr, les autorités et les journalistes ne le supportent pas puisqu’ils ne trouvent pas le moyen de casser le mouvement et ne savent pas à qui s’adresser parce qu’il n’y pas de porte-parole…

Certains trouvent ce mouvement plutôt bon enfant et s’en moquent parce que sans coups de feu, pas de spectacle et moins de compassion.

Dans ce lien, vous trouverez des images du début de l’action policière : http://www.youtube.com/watch?v=aDFdwUY2Oks. La police catalane (en Espagne le Pays Basque et la Catalogne ont leur propre police, en plus de la Police Nationale et la Guardia Civil) est particulièrement brutale et agit en pleine impunité.

Vendredi, quand les flics sont arrivés à 7 heures du matin, il y avait 500 personnes qui avaient passé la nuit. Quand la voix a couru qu’ils étaient en train d’être « délogées », une foule de plus de 12000 personnes a rempli a nouveau la place. Les forces de l’ordre ont essayé de créer la pagaille samedi soir, quand les supporters du Barça qui venaient fêter leur victoire sont arrivés. Mais rien de ce qu’ils cherchaient qui se passe ne s’est passé.

Les Indignés ont continué l’assemblée de forme pacifique jusqu’à plus tard de trois heures du matin dans une place Catalogne pleine à craquer, tandis que les barcelonistes fêtaient leur victoire ailleurs. Certains ont rejoint l’assemblée quand ils ont vu de quoi il s’agissait. Il y avait des gens de toutes les âges et condition. Aucune banderole d’aucun parti ou syndicat n’est pas permise. Tout le monde a la parole et tout le monde participe en son nom. C’est ça la démocratie horizontale.

Aujourd’hui on votera si l’on continue à occuper la place toutes les nuits ou bien on fait autrement.

Dans ce lien vous trouverez des photos de la journée d’hier et de ces derniers jours : http://acampadabcn.wordpress.com/

(à gauche cliquez sur « GALERIA ACAMPADABCN -Accedeix a l’album fotogràfic »- ensuite cliquez sur une des photos et à nouveau sur la photo qui apparaît, et vous pourrez accéder au diaporama). Parfois, des images valent plus qu’un mail.

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Statut de l’AFP: vote d’une grève de 24 h et d’une motion de défiance.

26 mai : les salariés parisiens de l’AFP, réunis en Assemblée générale jeudi à Paris ont voté une grève de 24 heures sur les fils « France » de l’agence et ont également adopté, à l’unanimité, une motion de défiance à l’égard de la direction.

Ces deux initiatives font suite à la proposition de loi lancée le 17 mai par le Sénateur UMP Jacques Legendre, avec le soutien du PDG Emmanuel Hoog, pour modifier le statut de l’AFP.

Le communiqué complet est ici.

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Le Nouveau Code du Travail : Plus de déréglementation et précarisation des conditions de travail.

Préambule :

PRECARITE EN EUROPE : L’ETAT ESPAGNOL

Dans les débats publics réalisés dans toute la France au cours de l’année 2010
concernant la réforme des retraites, il a été question de comparer les conséquences de
l’entrée en vigueur du nouveau système français de retraites avec celui d’autres pays
européens, notamment avec celui de l’Allemagne ou de l’Espagne. Dans les conclusions
qui en sortaient, une question de fond, qui me paraît très importante si l’on veut être
objectif dans les analyses, était systématiquement négligée : l’impact réel de cette réforme
est obligatoirement dépendant du contexte d’emploi, des conditions de travail des
salariés-es, c’est-à-dire du Code du Travail en vigueur dans les pays.

L’article que vous allez lire parle de l’Espagne, où la déréglementation et la précarisation
des conditions de travail sont la conséquence directe de l’application du nouveau Code du
Travail en vigueur depuis juin 2010. Celui-ci est la première cause, pour beaucoup de
travailleurs, de la perte du droit à une retraite décente, puisqu’ils n’auront pas assez
cotisé, même s’ils ont travaillé toute leur vie. Il en est de même pour l’ensemble des droits
auxquelles la population a de moins en moins accès : allocations chômage, couverture de
la sécurité sociale, logement, etc …

Les lignes principales de la réforme du code du travail sont relatées dans cet article ; il ne
s’agit pas d’une interprétation personnelle des textes officiels. La rédaction est, tant que
possible, objective, outre quelques remarques spécifiées pour la compréhension du
contexte. Il est donc à lire avec un oeil critique, malheureusement l’énorme recul impliqué
par cette réforme n’apparaît que trop clairement.

Cet article est un exposé de faits établis dans le nouveau code du Travail espagnol.

Xavier Montserrat –
ressortissant espagnol –
Sud Culture Solidaires 66

Mai 2011

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La CGT-E avec le mouvement du 15-Mai

l’Espagne connaît depuis quelques jours une mobilisation sociale de
forte ampleur, contre le chômage, contre la précarité, contre les
salaires de misère et le manque général de droits sociaux.

Dans le communiqué ci-dessous, la CGT espagnole, organisation syndicale révolutionnaire très proche de Solidaires et donc de SUD Culture, soutient l’occupation des places des différentes villes du pays et au mouvement auto-organisé, horizontal, qui se met en place, date de la fin de semaine dernière. Précisons que ce mouvement est multiple, divers et qu’il est toujours en train de se structurer. La CGT-E en est une composante parmi d’autres.


La CGT-E avec le mouvement du 15-Mai.

La Confédération générale du travail (CGT) d’Espagne salue la mobilisation lancée par les Assemblées et campements citoyens depuis le 15 mai. Ce mouvement démontre non seulement que l’auto-organisation par
la base est possible mais qu’elle est aussi le meilleur chemin pour revendiquer les rues et les places publiques comme lieux de débat et de libre expression pour chacun et chacune afin de penser les formes non
capitalistes d’organisation sociale, de remuer les consciences endormies, de tenter d’abattre les murs d’un système corrompu, caduc et extrêmement injuste et inégal.

À la CGT-E nous ne croyons pas que la lutte politique partisane et électoraliste soit un outil à employer, notamment parce qu’il se convertit en une fin en soi, alors que nous croyons dans l’organisation sociale,
dans la ramification des réseaux sociaux, dans la démocratie directe et participative, dans l’organisation horizontale de la société en assemblées fédératives.

La CGT-E joint sa voix aux dizaines de milliers de voix indignées qui crient « Nous ne sommes pas une marchandise aux mains des politiciens
et des banquiers ! ». Mais elle insiste pour que cette indignation se transforme en une révolte organisée contre les vrais coupables de la crise, qui sont ces mêmes élites politiques et économiques qui
s’enrichissent grâce au travail précarisé, à la privatisation des services publics, à la détérioration de l’environnement, à la répression
de toute dissidence et qui abandonnent la jeunesse à un avenir d’exploitation au travail sans droits sociaux.

C’est pourquoi le syndicat CGT-E engage et encourage tous et toutes à descendre dans la rue pour participer aux Assemblées citoyennes. Aucun
gouvernement ni Conseil électoral central ne pourra interdire ou intimider la juste colère qui grandit dans notre pays comme dans le
monde, et qui s’exprimera demain samedi et les jours suivants, en un acte de réflexion sociale et collective authentique qui ne s’effacera
pas par des élections municipales ou régionales.

Le Secrétariat permanent du comité confédéral de la CGT-E

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