Harcèlement moral et discrimination au Studio Théâtre de Stains : SUD Culture Solidaires intervient aux côtés d’une ancienne salariée

À l’annonce de sa deuxième grossesse, Jamila, comédienne au Studio Théâtre de Stains s’est vu stipuler son retrait de toutes les pièces de théâtre dans lesquelles sa participation était prévue. Agressivité, colère et mépris ont été les réactions de la direction du théâtre.: « Tu nous as trahis » ; « il faut choisir entre être comédienne et avoir des enfants. » ; « Tu finiras femme au foyer »… Traumatisée par ces pressions, Jamila a été contrainte à des arrêts maladie successifs durant une grande partie de sa grossesse. À son retour de congé maternité, semaine de réouverture des lieux culturels, elle a été la seule employée à être placée en chômage partiel. « Maintenant, il faut que tu partes ! Il faut laisser les autres travailler… », lui dit alors un membre de la direction. Elle a finalement été licenciée en novembre 2021 « pour inaptitude d’origine professionnelle ».

Aujourd’hui, Jamila conteste son licenciement en saisissant le Conseil des Prud’hommes, procédure à laquelle SUD Culture Solidaires a formé, en soutien, une demande d’intervention volontaire.

Par ailleurs, à la suite de la plainte de Jamila, avec l’appui de l’Inspection du Travail qui a saisi le procureur pour harcèlement moral et discrimination en raison de l’état de l’état de grossesse, SUD Culture Solidaires se constituera partie civile aux côtés de Jamila. Comment pourrait-il en être autrement concernant des faits si graves? Le secteur du spectacle vivant n’est pas une zone de non-droit du travail !

Malgré une parole féministe qui a su s’imposer dans l’espace public et sa reprise par les institutions, nous constatons, avec regret et colère, que ces abus collectifs et ces drames personnels se produisent toujours, dans le monde du travail comme ailleurs.

Nous ne tolérerons jamais, que ce soit dans les théâtres, dans les écoles d’art, dans les cinémathèques, dans les festivals ou dans toutes institutions culturelles, que, devant les caméras, la lutte pour les droits de femmes soit instrumentalisée, récupérée pendant qu’en off les violences et discriminations envers les femmes, souvent les plus précaires, perdurent. La cause des femmes ne doit pas être réduite à l’état de spectacle ! C’est une lutte de tous les instants, dans tous les domaines de la vie ! Pour TOUTES les femmes !

COVID 19 : après 2 ans de guerre, le Louvre n’a toujours pas de plan de bataille

Section SUD Culture Louvre

Il y a maintenant près de deux ans, les personnels du Louvre sonnaient la révolte en utilisant collectivement leur droit de retrait face à une pandémie que le gouvernement ne prenait pas au sérieux. Du moins pas assez pour protéger des agent-es qui côtoyaient 40 000 personnes venant du monde entier chaque jour…

Aujourd’hui, ce qui était alors considéré comme une « grippette » s’est inscrit dans notre quotidien. Nous avons appris à vivre avec le risque, en prenant soin de nous et de nos proches. Enfin…dans la mesure où notre environnement professionnel ne nous condamnait pas à être tôt ou tard pris-es dans une chaîne de contaminations. Y compris lorsque l’on est vacciné-es…

On ne dirige pas à coup de pensée magique

Voici deux ans que SUD demande des mesures de bon sens, dont la dotation pour les personnels au contact du public de masques FFP2. Science infuse de vos représentant-es ? Certes non, du travail seulement. Notamment l’analyse de documents connus de tous et toutes, une partie ayant même été rédigée par l’établissement il y a plus de dix ans.

En effet, à l’époque où les services publics n’étaient pas à ce point exsangues, chaque administration avait prévu un « plan de continuité d’activité » en cas de pandémie grippale. Puisque l’anticipation n’est pas le fort de nos gouvernants actuels, SUD demande depuis deux longues années de s’appuyer sur ce travail, fait par les équipe du Louvre, afin de l’actualiser et d’y intégrer les spécificités « COVID ».

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Culture en danger ! Lettre à la Ministre de la Culture

Madame la Ministre,

Depuis la réouverture des salles, la reprise escomptée des activités du spectacle vivant et du cinéma n’a pas eu lieu. Pire, la déclaration du Premier Ministre Jean Castex, le 6 décembre dernier, selon laquelle « jusqu’aux fêtes de fin d’année, on lève le pied, on arrête, on se protège et on protège ainsi notre capacité à profiter de Noël », a accentué la vague d’annulations et de reports de nombreux événements culturels.

La crise est violente depuis bientôt deux ans. Elle n’est pas terminée au 1er janvier 2022. Comme nous le disons collectivement depuis des mois, son impact va se faire ressentir durant de nombreuses années.

Le public n’est pas revenu dans les salles. C’est le triste constat que dressait une étude publiée dans Le Monde le 16 octobre dernier, qui indiquait que “39 % des Français n’ont pas remis les pieds dans un lieu culturel depuis l’instauration du passe sanitaire”.

Le secteur dit du « spectacle occasionnel » et des arts de la rue voient s’aggraver une situation déjà catastrophique : un niveau d’emploi à 20% pendant les six premiers mois de 2021, une reprise partielle à l’été aussitôt entravée par des annulations en août suite à la mise en place du passe sanitaire – bien souvent impossible pour des événements en extérieur, dans les rues des communes-, une cascade d’annulations en décembre, dans les comités des fêtes, les CSE (ex-comités d’entreprises), les feux d’artifice, les rendez-vous festifs de fin d’année en espace public et autres spectacles de Noël, … Des musiciennes et musiciens ont par exemple vu supprimer tous leurs concerts de décembre comme de janvier. Rappelons que ce secteur, bien que dit « occasionnel » représente un emploi sur dix dans le spectacle, et que pour les artistes et technicien·ne·s concerné·e·s il s’agit de leur activité principale.

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