Depuis le mois de septembre, les lycéen·nes d’Outre-mer et des quartiers populaires se mobilisent pour leur avenir et réclament des conditions d’études dignes. Leur mouvement s’est étendu à toute la France !
Cette contestation inattendue, combative et joyeuse est devenue l’avant-garde d’une mobilisation d’ampleur contre l’État autoritaire et son racisme.
Confronté à cette jeunesse organisée et déterminée, le gouvernement n’a apporté jusqu’à présent qu’une seule réponse : une répression d’une violence inouïe. Depuis des semaines, nous voyons un pouvoir aux abois qui frappe, mutile, agresse, et s’appuie même sur des milices ouvertement fascistes pour réprimer le mouvement social.
Ce contexte a vu naître la fusillade à Trappes, dont l’auteur assume le fondement fasciste, raciste, négrophobe et islamophobe.
Appel à la grève le 5 novembre
L’heure n’est plus à la passivité et à la banalisation de cette violence réactionnaire.
Il est temps pour nous, travailleur·euses de la culture de rejoindre pleinement le mouvement !
Faisons honneur au courage et à la détermination de la jeunesse. Pas seulement en solidarité, mais autour de revendications concrètes propres à notre secteur : rénovation du bâti pour de meilleures conditions de travail, augmentation du budget et des salaires, défense du service public, liberté de création et de programmation en dehors des logiques marchandes ou politiciennes, résistance au fascisme !
- Construisons une culture inclusive, antifasciste et populaire.
- Une culture qui assume de participer à la construction d’imaginaires antiracistes, antilgbtphobes, féministes et de classe.
- Une culture qui repose sur la solidarité entre les travailleur·euses, au lieu de les mettre dans une concurrence qui renforce leur précarité.
Le syndicat Sud Culture Solidaires appelle à la grève le 5 novembre, et au-delà !
Cette date est une date de convergence des luttes pour une vraie justice sociale, à laquelle nous devons tous et toutes participer.
La grève est un mouvement collectif ! C’est à nous de nous organiser jusqu’à cette date, en discutant, en nous solidarisant sur nos lieux de travail, en s’aidant les un·es les autres !
Oui, faire grève dans la culture c’est utile et ça pèse !
Depuis des années, nous entendons que la grève des travailleur·euses de la culture ne servirait à rien. Que nous n’aurions pas la force de bloquer l’économie.
Cette auto-dévalorisation de nos métiers et de notre secteur est une aberration. Les faits le prouvent : la grève dans la culture ne passe jamais inaperçue !
Quand des musicien·nes ont voulu faire grève en 2023 pour défendre le système de retraite, des spectateur·ices les ont hué·es. Plus récemment, le lundi 20 octobre 2026 : des touristes ont insulté des étudiant·es de l’école du Louvre qui bloquaient le musée. La culture est non seulement une manne financière colossale pour l’État et le capitalisme, mais elle est aussi le petit plaisir de la bourgeoisie. L’arrêter, c’est s’en prendre à son mode de vie. C’est perturber sa tranquillité.
Comment faire grève ?
Faire grève est un droit constitutionnel garanti par la loi, que l’employeur ne peut interdire ni sanctionner. Tout·e salarié·e, même non syndiqué·e, peut s’associer à un mouvement de grève.
Dans le privé, lorsqu’il y a un appel national des syndicats, pas besoin d’une revendication interne à l’entreprise ni d’un nombre minimum de salarié·es. On peut faire grève la durée que l’on souhaite : une heure, une demi-journée, une journée ou plus !
Dans le public, la grève doit généralement être précédée d’un préavis déposé par un syndicat.
Par ailleurs faire grève permet de dégager du temps pour se réunir en organisant des assemblées générales, d’échanger et de se mobiliser collectivement pour obtenir de meilleures conditions de travail et de nouveaux droits !
Voir le kit de la grève de Solidaires : solidaires.org/kit-de-la-greve
Comment faire grève ? Comment monter une AG ? Comment gagner ?
Soyons visibles ! Chaque gréviste et chaque lieu de travail doit être visible dans la grève. Il ne faut pas hésiter à sortir des communiqués par association, entreprise, etc. pour dire qu’on fait grève et à se signaler au syndicat, même quand on est seul·e. Sud Culture publiera une liste des lieux impactés le 5 novembre !
Et en cas de répression ? Préviens le syndicat ! La lutte c’est aussi faire face au “tout pouvoir” du patron.
Permettre à toutes et tous d’entrer dans le mouvement
- Profiter de la journée de grève du 5 pour organiser des AG avant les manifestations de la journée ;
- Mettre en place des caisses de grève
- Organiser des blocages de sites
- Quand on est CDI ou fonctionnaire d’une structure, se rapprocher des travailleur·euses plus précaires qui travaillent dans le même lieu (CDDU, artistes, indépendant·es, intermittent·es, prestataires…)
- Quand on est artiste, quitter son atelier et se poser dans l’espace public
- Écrire aux lieux culturels que l’on fréquente pour les inciter à prendre leur part : nous refusons que ces lieux soient fermés « par sécurité », ils doivent rester ouverts pour permettre aux travailleur·euses en grève, lycéen·nes et étudiant.es de s’y organiser !
Le 5 novembre, personne ne doit manquer à l’appel ! Chacun·e à sa place et un rôle à jouer dans cette lutte. Construisons-la collectivement et dans le temps !
SUD Culture Solidaires
27 octobre 2026



