Nous, salarié·es de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine syndiqué·es SUD-Solidaires, appelons à rejoindre la grève du jeudi 5 novembre et à amplifier la mobilisation sociale. Cette journée de grève s’annonce d’ores et déjà comme la plus suivie depuis la création de notre Institut en 1988.
Un régime à bout de souffle malmène une démocratie exsangue
Depuis le début de la révolte lycéenne, les entorses à l’état de droit caractéristiques de l’ère Macron n’ont fait que s’amplifier. Depuis 2018, plus de cinquante personnes ont perdu un oeil lors de manifestations et plus de quinze autres ont été gravement mutilé·es au point de devoir être amputé·es d’un membre. Le 17 octobre dernier, à Paris, deux personnes sont mortes lors d’opérations dites de maintien de l’ordre. Elles sont mortes, et le silence qui s’en suit est insupportable.
L’autoritarisme du gouvernement en place pave la voie à l’extrême-droite, qui se tient en embuscade pour l’élection de 2027. Si celle-ci remporte l’élection, ce que nous connaissons-là n’aura été que le sordide avant-goût de ce qui adviendra alors.
La révolte lycéenne est plus que légitime. Elle est, dans un contexte de déferlement de la parole raciste, de destruction généralisée de la biosphère et du service public, et d’augmentation des inégalités sociales, un acte extraordinaire de responsabilité et de liberté politiques.
Nous appelons à continuer et à amplifier le mouvement, notamment par la grève. Nous souhaitons que cette grève soit reconduite aussi longtemps qu’il le faudra.
Le livre et la lecture sacrifiés
Nous nous mobilisons contre la détérioration de l’écosystème du livre. Les coupes budgétaires qui touchent le livre et la lecture aujourd’hui sont sans équivalent dans l’histoire récente. L’État, en pleine fringale d’austérité, a baissé de 25 % les aides directes aux maisons d’édition, librairies et bibliothèques, passées de 23,2 à 17,4 millions d’euros de 2025 à 2026. Des centaines d’acteurs de la chaîne du livre sont déjà concernés et restent menacés par de nouvelles mesures.
Nous ne sommes pas dupes : nous savons que certaines librairies indépendantes ont voulu être des zones refuges à l’ère du néolibéralisme triomphant. En attaquant le livre, on désire détruire notre capacité à penser, à nous organiser, à choisir librement nos modalités d’existence et de vie.
Nous subissons aussi ces coupes budgétaires à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine : la dotation de l’État a baissé de -15% en 2025, à nouveau en 2026, et de nouvelles baisses sont pressenties pour les années à venir. Ce désengagement affecte non seulement nos activités et la programmation culturelle, mais impacte aussi les personnels. Équipes en sous-effectif, recours aux contrats courts ou postes non remplacés sont autant d’éléments qui contribuent à la détérioration de nos conditions de travail et de signaux alarmants pour la poursuite de notre mission culturelle.
Tout cela, nous ne l’acceptons pas.
La section SUD Culture Solidaires de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine
4 novembre 2026



