Soutien aux lycéen·nes en lutte

Depuis le 21 septembre, un mouvement de mobilisation lycéenne parti d’Île-de-France s’étend dans tout le pays. Ces derniers jours, les blocages, rassemblements et manifestations se sont multipliés dans des centaines de lycées.

L’état des lieux est consternant : des classes surchargées ; des professeur·es absent·es et non remplacé·es ; des personnels éducatifs, sociaux et de santé en nombre insuffisant ; des bâtiments vétustes, insalubres (nuisibles, plafond qui s’écroulent, infiltrations, absence de savon, papier toilettes…) ; absence de chauffage en hiver et de climatisation en canicule ; des inégalités considérables d’un établissement et d’un territoire à l’autre.



De plus dépendre de Parcoursup place très tôt les élèves dans une logique de classement, de sélection et de concurrence, tout en renforçant les inégalités sociales et la ségrégation territoriale. L’accès aux études supérieures n’est plus garanti.

L’objectif à peine caché du gouvernement : creuser encore plus l’écart entre les élites et le peuple dès les bancs du lycée.

Les lycéen·nes mobilisé·es refusent de s’y résigner.

Ces dernières années, les lycéen·nes ont dû sans cesse s’adapter à des réformes successives du lycée, du baccalauréat, de l’évaluation et de l’orientation. D’une année sur l’autre, les dispositifs changent, se corrigent et se superposent. À force de prétendre simplifier l’École, les gouvernements successifs n’ont cessé d’en complexifier le fonctionnement. Pour les élèves comme pour les personnels, cette instabilité permanente produit de l’incertitude, de la pression et une perte de lisibilité. Il faut sans cesse comprendre de nouvelles règles, anticiper leurs conséquences et s’adapter à une nouvelle organisation avant même que la précédente ait pu être réellement évaluée.

Les lycéen·nes ont besoin de professeur·es, de temps, de stabilité et de moyens pour apprendre dans des conditions décentes.

Ils et elles demandent des moyens, on leur envoie des LBD

La violence exercée contre des adolescent·es mobilisé·es est particulièrement grave et choquante : gaz lacrymogènes, matraques, tirs de LBD, interpellations et gardes à vue. Pire encore, on recense deux lycéens éborgnés, un à la mâchoire fracturée. Des mineur·es sont grièvement blessé·es, mutilé·es et traumatisé·es alors qu’iels exercent leur droit à se mobiliser. La seule éducation que le gouvernement leur propose est celle de la violence institutionnelle et policière.

Nous refusons cette politique de répression. Une société qui brutalise ses enfants au lieu de les écouter s’enfonce dans l’autoritarisme. Rappelons que ces citoyen·es à part entière ne disposent pas encore, pour la grande majorité, du droit de vote.

Éducation, culture : même service public, même combat

Agent·es du Centre Pompidou, nous connaissons nous aussi les conséquences des politiques d’austérité sur le service public : sous-effectifs, précarité, dégradation des conditions de travail, missions fragilisées et moyens insuffisants. Dans l’Éducation comme dans la Culture, on nous demande toujours davantage en nous donnant toujours moins. Nous refusons cette logique. L’Éducation et la Culture ne sont pas des dépenses accessoires. Elles sont des services publics essentiels. Elles doivent permettre à toutes et tous, indépendamment de leur origine sociale et de leur territoire, d’apprendre, de créer et de s’émanciper.

La jeunesse ne demande pas des privilèges. elle exige de faire valoir ses droits

SUD Culture Solidaires Centre Pompidou soutient les lycéen·nes mobilisé·es et leurs revendications : pouvoir étudier dans des conditions dignes.

  • Des enseignant·es et des personnels en nombre suffisant !
  • Des classes moins chargées !
  • Des bâtiments scolaires dignes, salubres et adaptés au climat !
  • La fin des inégalités territoriales et de la ségrégation scolaire !
  • La fin de la sélection par Parcoursup !
  • Aucun·e lycéen·ne réprimé·e pour s’être mobilisé·e ! Ni LBD, ni matraques, ni lacrymogènes !
  • Des moyens massifs pour l’Éducation publique !

De l’argent pour l’éducation, pas pour la répression !

le 6 octobre, toustes aux côtés de la jeunesse mobilisée !

SUD Culture Solidaires – section Beaubourg
Le 5 octobre 2026