Appel à la grève le 30 septembre 2026

Le syndicat SUD Culture Solidaires appelle à la grève ce mercredi 30 septembre 2026 suite à l’appel du syndicat de traducteur·ices du STEF et des collectifs En Chair et en os et IA-lerte générale.
Les camarades de notre Union syndicale Solidaires, Solidaires informatique, leur apportent leur soutien en appelant également à la grève.

Il nous semble nécessaire de faire front, toutes et tous ensemble : travailleur·euses des métiers de la création, qu’elle soit littéraire, scolaire, journalistique, du jeu vidéo et du numérique.

Car nos emplois sont bel et bien menacés !



La précarité que subissent les traducteur·ices dans notre secteur s’accélère depuis l’arrivée de l’IA générative dans les maisons d’édition. Nous l’avons vu avec Harlequin qui a opté pour des traductions 100% faites par l’IA !

Plusieurs maisons d’éditions n’hésitent plus à déléguer tout le travail de traduction à l’IA, et ne font appel aux traducteur·ices que pour de la « post-édition » : iels sont donc moins bien payé·es et cela s’avère souvent plus chronophage et bien moins intéressant tout en contribuant à une uniformisation des langues et des pensées.

Car oh surprise ! Traduire un texte, une pensée, un style qui fera frémir les lecteur·ices, c’est un métier, un savoir-faire qui demande des compétences humaines, qu’une machine ne peut pas surpasser.

La course au profit privilégie donc une qualité de travail dégradée et la casse sociale !

Cette technologie menace nos métiers de l’édition, la création, la distribution, la diffusion… En s’insinuant dans notre organisation du travail, voire en remplaçant certains métiers sous prétexte de rentabilité, l’IA sert bien en réalité un système capitaliste qui fait peser encore plus sa domination en dépossédant les travailleur·euses de leurs compétences et de leur travail !

Qui n’a pas déjà entendu ce fameux discours qui consiste à dire que certaines tâches de nos métiers seraient « ingrates », et que l’IA sera l’outil qui rendra notre travail plus intéressant ? L’IA viendrait nous libérer des tâches pénibles de notre travail.

Quel bonheur n’est-ce pas ?
Mais ces tâches, c’est aussi notre savoir-faire métier.
Elles font partie de notre expertise.
Et qui dit qu’elles sont pénibles ? Nous ou les patrons ?

Il faut aussi bien comprendre que cet outil n’est pas neutre écologiquement !

Bien au contraire, il détruit le vivant, car l’IA repose sur l’extraction de matières premières, notamment l’eau dont on commence à manquer partout, sur l’exploitation humaine des travailleur·euses du clic ainsi que du travail des artistes/auteur·ices.

Sous le prétexte du progrès, de ne pas rater le train en marche, les entreprises imposent un modèle destructeur pour notre planète, mais aussi pour ce que l’essence même de nos métiers défend : la diffusion du savoir et de la création.

L’IA ne libère pas du temps comme on aime nous le dire dans nos lieux de travail, elle ne diminue pas notre pénibilité au travail, elle nous enlève de l’autonomie, nous dépossède encore plus de notre force de travail et de notre expertise métier, et par conséquent de notre rapport de force.

Face à cette menace imminente sur nos emplois, nos conditions de travail et de subsistance, il est impératif de s’organiser et de lutter !

Si tu veux contacter la branche Métiers du livre de SUD Culture, poser des questions sur la grève, comment faire ou te syndiquer : mail.