Une chaîne du livre qui ne tient plus ?
La situation économique et politique des travailleureuses du livre, qu’iels travaillent en librairie, dans l’édition, la diffusion-distribution, dans la création, la traduction, etc. n’est pas bonne, loin de là !
La liste de plans sociaux, des redressements et des liquidations judiciaires s’allonge : Faton, Gibert, Makassar, Nosoli (Furet du Nord, Decitre), Sauramps… Pour Gibert nous venons d’apprendre la fermeture de 3 librairies supplémentaires aux 4 déjà annoncées avant l’été.
C’est sans compter les petites structures éditoriales et les librairies qui disparaissent ou risquent de disparaître sans qu’on s’en rende compte ; les auteurices, correcteurices et traducteurices, qui risquent aussi de perdre leurs revenus.
La fin du distributeur Makassar fragilise par effet domino 200 maisons d’édition dont bon nombre – diffusées par Hobo – sont engagées. Ces récents événements vont renforcer encore davantage la concentration.
Toute la chaîne du livre est impactée !
Qu’est-ce qu’il se passe dans la chaîne du livre exactement ?
Les causes de cette série de (très) mauvaises nouvelles sont multiples. Sans les détailler, nous pouvons tout de même évoquer :
Les causes de cette série de (très) mauvaises nouvelles sont multiples. Sans les détailler, nous pouvons tout de même évoquer :
- un marché du livre en berne avec une baisse confirmée de la vente de livres neufs ;
- un contexte économique préoccupant : hausse du chômage, plans sociaux dans différents secteurs : commerce, industrie (sauf l’armement…) ;
- des problème de gestion ;
- une augmentation des charges fixes : loyer, électricité, transport… ;
- une concurrence de plus en plus forte : le marché des ventes aux collectivités est de plus en plus préempté par les plus grosses librairies ou par des grossistes spécialisés ;
- une concentration grandissante des structures éditoriales, points de vente, réseaux de distribution, organes de presse aux mains de quelques acteurs puissants et avec elle une polarisation du marché.
Toute notre solidarité avec les travailleureuses qui vont se retrouver sur le carreau et/ou sans revenus !
Des mobilisations dans tout le secteur de la culture !
À cela s’ajoute dans le champs de la culture et pour les acteurices concernées des baisses de subventions, des coupes budgétaires et des menaces politiques de plus en fortes sur les spectacles et lieux culturels en résistance.
Ainsi diverses mobilisations et grèves sont annoncées d’ici la fin du mois : spectacle vivant le 26 septembre, traducteurices le 30 septembre… et le 8 septembre pour le secteur de la librairie à l’initiative de la CGT-librairies.
Mobilisation le 8 septembre dans le secteur de la librairie
SUD Culture (mandaté par Solidaires) participe depuis quelques mois aux négociations de la convention collective (CC) de la librairie aux côtés de la CGT, la CFDT et FO.
L’inflation et la dernière augmentation du Smic impliquent l’ouverture de négociations afin que les premiers échelons de la grille des salaires minimum de cette CC ne soient plus en-dessous du Smic. C’est l’occasion pour les organisations syndicales de demander une revalorisation des salaires et d’autres revendications : mise en place d’un 13e mois, d’un congé hormonal, etc.
Sud Culture revendique notamment des premiers salaires à 2000€ net, une mise en adéquation entre les niveaux de grille des salarié·es et les tâches qu’iels effectuent au quotidien et une réduction des écarts entre les salaires.
Au vu de la conjoncture, le Syndicat de la librairie français (SLF) autrement dit le syndicat des patrons de librairies, nous dit que rien n’est possible si ce n’est augmenter les échelons les plus bas. Or, iels n’ont pas le choix : un·e libraire à temps plein ne peut pas être payé·e en-dessous du Smic… Lorsque l’on répond que les salarié·es ne peuvent se contenter de ça – iels aussi subissent les conséquence économiques de la situation – on nous rétorque que les dirigeants proposent des salaires supérieurs quand ils le peuvent. Nous ne pouvons pas nous reposer sur la bonne volonté des patrons !
Alexandra Charroin-Spangenberg elle-même, présidente du SLF, disait dans un entretien à Médiapart le 31 mai 2026 que les libraires « ne peuvent pas continuer à accepter des salaires aussi bas ».
Par ailleurs à la fin du confinement, alors que les chiffres d’affaires de la plupart des librairies explosaient, la grille des salaires n’avait pas été revue pour autant…
Le 8 septembre c’est la reprise des négociations entre les syndicats de salarié·es représentatifs dans la branche de la librairie et le SLF.
Nous souhaitons bien faire entendre notre voix et montrer que nous sommes nombreux·ses et déterminé·es.
C’est pourquoi nous appelons les personnes travaillant en librairie (libraires, réceptionnaires, caissièr·es…) à participer au rassemblement à proximité du SLF.
Rendez-vous le mardi 8 septembre
au 38 rue du Fbg Saint-Jacques, 75014 entre 10h et 13h.
Soyons nombreux·ses !
La situation économique, notamment des petites structures, est fragile et nous en avons bien conscience. Si nous sommes d’accord avec le SLF qu’il faut revoir l’ensemble du fonctionnement de la chaîne du livre, nous savons aussi que nous n’avons pas les mêmes intérêts que les patrons et les actionnaires.
C’est en rassemblant toutes les petites mains de cette chaîne de création et de production que nous pourrons construire un autre modèle plus égalitaire, plus écologique et qui s’oppose à l’extrême droite.
SUD Culture Solidaires – Branche Métiers du livre
5 septembre 2026