Fin de tournée pour les artistes accusés d’agressions sexuelles. Patrick Bruel en concert : ni à Angers, ni ailleurs !

Non, la place d’un homme accusé de violences sexuelles et de viols, n’est pas sur scène.

Nous ne séparerons pas l’homme de l’artiste et encore moins l’agresseur de son système.

Si ce dernier profite d’un ascendant offert par le pouvoir de sa notoriété, par une position de figure médiatique, un statut de “star”, de dominant, alors il est nécessaire de l’en retirer. Un agresseur présumé ne se retire pas de lui-même, c’est à nous d’imposer sa mise en retrait au moins le temps des procédures.



Rappelons que monter sur scène, c’est inspirer le public et recevoir des applaudissements, ça se respecte et ça se mérite.

Rappelons que pour un concert, l’artiste n’est pas la seule personne à travailler. Le spectacle peut exister car sont mobilisé·es des agent·es de sécurité, des hôte·sses d’accueil, des technicien·nes, d’autres artistes, des chargé·es de production et d’administration…

Rappelons que si certain·es d’entre nous, travailleureuses de la culture, s’arrêtent, alors le spectacle n’a pas lieu.

Aujourd’hui, une trentaine de femmes dénoncent des violences sexuelles et sexistes faites par Patrick Bruel pendant plus de 3 décennies. Les témoignages dénoncent des éléments et lieux d’agressions récurrents, en marges des concerts et des tournages, dans des salles de massages, des loges de théâtres et de concerts, lors de rendez-vous professionnels dans son studio d’enregistrement à domicile…

Nous, travailleureuses de la culture, apportons notre soutien et saluons le courage de toutes les personnes victimes du chanteur.

Face à la gravité des faits dénoncés, maintenir une tournée de concerts où la pression, les horaires de travail étendues, le travail de nuit, l’exigence artistique contribuent au relâchement moral et favorisent les occasions pour un agresseur présumé de faire de nouvelles victimes. Qui se charge de faire respecter les protocoles mis en place par le ministère de la culture et le ministère du travail contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels : “prévenir, agir, sanctionner” ?

Si les mairies et programmateurices sont tenues par les contrats de maintenir les concerts pour ne pas payer d’amende astronomique, le tourneur et le producteur ont le devoir moral et le devoir de protection des employé·es. En tant que salarié·es, nous sommes le maillon le plus remplaçable de la chaine et à la merci de nos employeurs. C’est pourquoi SUD Culture 49 se fait le soutien de revendications défendant la mise en place d’une sécurité sociale de la culture et d’un revenu inconditionnel pour ses travailleureuses.

Car la précarité nous poussera toujours à courir après les projets, acceptant le moindre contrat, au détriment souvent des cadres de travail sain.

La fausse solution du mécénat, qui se révèle de plus en plus comme un abandon des services publics au profit de l’extrême droite, n’apportera pas non plus la pluralité nécessaire à l’évolution de la situation. Ce n’est pas contraint·es par les idées et l’argent de Stérin ou Bolloré que nous pourrons plus lutter contre le sexisme, le racisme, les violences envers les personnes LGBTQIA+…

Alors oui, ce soir désertons les salles pour faire annuler des concerts et demain mobilisons-nous pour offrir à chaque travailleureuse, de la culture comme de tous les métiers, les moyens d’être responsable de son travail, de faire respecter son “non” pour que cessent les agressions et les oppressions.

SUD Culture 49 et Solidaires 49 se tiennent prêts, avec toutes les organisations qui le souhaitent sur le département, à se mobiliser dès maintenant pour que cette tournée de la honte s’arrête le plus vite possible. Et, si cela n’était pas le cas, à se mobiliser le 12 novembre à Trélazé, lors de sa venue à l’Arena Loire.

Signer la pétition : https://c.org/BhYF6RpPVD

Sources :

SUD Culture 49 & Solidaires 49
21 mai 2026
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