L’extrême droite, on ne pactise pas, on la combat !

Le 14 février 2026 à Lyon, le militant identitaire, monarchiste et catholique intégriste Quentin Deranque est décédé des suites de blessures reçues lors d’un affrontement violent entre militants fascistes et anti-fascistes en marge d’une action du groupe d’extrême droite et prétendument féministe Némésis venu perturber une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan.

La mort d’un homme dans un épisode de violence est toujours un drame en soi. Mais c’est aussi un échec social, politique et surtout collectif. On ne devrait jamais mourir pour des idées, ni celles qui émancipent, ni celles qui enferment.



Malgré ce que l’on voudrait nous faire croire, ce décès ne sort pas de nulle part. Celui-ci doit être replacé dans son contexte. Depuis plus de 15 ans, Lyon connaît une intensification de la présence et des violences d’extrême droite dans ses rues (102 actions violentes recensées à ce jour selon le média Rue89 Lyon). En réaction, des initiatives antifascistes ont donc émergé afin de défendre les personnes ciblées par ces groupuscules en raison de leur apparence, leur origine, leur opinion. Pour beaucoup être antifasciste n’est pas un choix, c’est une nécessité !

Mais depuis quelques jours, un narratif médiatique et étatique/politique extrêmement inquiétant se met en place. Quentin Deranque serait une victime de l’extrême gauche, de la mouvance antifasciste. Une minute de silence à l’Assemblée nationale a même eu lieu.

Jamais les nombreuses victimes de l’extrême droite n’auront bénéficié de cet hommage de la République. Depuis 2022, on a compté au moins 11 morts et 19 blessés graves (voir le site Contre attaque). Sur 53 meurtres à caractère idéologique qui ont eu lieu entre 1986 et 2021, 90% étaient le fait de l’extrême droite (voir la Revue politique et parlementaire). Pour les puissants, toutes ces vies perdues n’auront été que des faits divers.

Le discours visant à diaboliser l’antifascisme et à le réduire à un mouvement “d’ultra-gauche” marque un tournant grave. L’antifascisme ne tue pas, il protège. L’antifascisme est une tradition de vigilance démocratique. Il est né des catastrophes du XXᵉ siècle en brisant les clivages et en regroupant les courants politiques depuis la droite démocrate-chrétienne jusqu’aux syndicats anarchistes : Siammo Tutti Antifascisti . Souvenons-nous de nos camarades antifascistes d’hier, aujourd’hui au Panthéon pour avoir été le dernier honneur de la Nation lorsque l’État a failli.

Les antifascistes sont nécessaires parce qu’ils rappellent, parfois seuls, ce que l’extrême droite charrie toujours : le racisme, l’antisémitisme, la domination des uns au détriment des autres, la hiérarchisation des vies, la violence structurelle. Au contraire, l’antifascisme se bat pour les droits de toutes et tous, pour que ces droits soient inaliénables et indivisibles. C’est un mouvement profondément humaniste et universel.

C’est pourquoi l‘instrumentalisation médiatique et politique actuelle est abjecte. Elle participe aux tentatives de se débarrasser d’une partie des idées et représentants de gauche au prétexte d’une proximité avec les idées ou des mouvements antifascistes. Tandis que le discours excluant et dominateur de l’extrême droite est normalisé et accepté, les idées de solidarité et de progrès social sont décrites comme dangereuses. Nous assistons à une véritable inversion des valeurs !

Il est temps de se réveiller. Le fascisme n’a pas besoin d’adhésion pour l’emporter, la passivité à son égard lui suffit. L’extrême droite est le dernier rempart du capitalisme en crise.
La violence est son outil principal et elle est partout. Mais nous, antifascistes, sommes aussi partout. Le fascisme déteste tout ce qui n’est pas lui. Ce que déteste l’antifascisme, c’est le fascisme.

Parce qu’il est fondé sur le droit à une égale dignité, notre engagement est et restera antifasciste !!!

Les locaux de notre Union départementale Solidaires du Rhône ont fait l’objet d’une attaque dans la nuit du 14 au 15 février (voir communiqué) tout comme une mosquée et de nombreuses permanences parlementaires tandis que plusieurs agressions ont eu lieu partout en France. Des menaces de mort (voir le journal 20 minutes) ont été émises à l’encontre de militant·es du mouvement social. Dans ce contexte, nous ne pouvons qu’appeler à la plus grande vigilance, vu les nombreux rassemblements appelés par l’extrême droite dans les prochains jours. Un guide contre les éventuelles menaces est disponible sur le site de Vox public.