La manifestation antifasciste contre la taverne de Thoren Lorraine rayonne à l’international

Avec des cortèges de toutes les couleurs et un village antifasciste à Combres-sous-les-Côtes, la journée de manifestation trans-frontalière du 7 février 2026 a été déterminée, ensoleillée et un signe fort de contestation contre l’implantation des Hammerskins dans la Meuse et la montée des fascismes !



Le slogan « Fermez-la ! » (taverne de Thor) a été repris durant des heures par près de 500 personnes. Une foule bigarrée composée d’un large spectre de l’antifascisme regroupant des participant.es de la région Grand-Est et au-delà. Notre mobilisation a porté ses fruits médiatiquement et augmente la pression politique, qui questionne l’inaction des autorités
autant que l’acceptation d’organisations néonazies de nos jours.

Notre lutte sera internationale ou elle ne sera pas

Dans un défilé festif reliant Saulx-lès-Champlon à Combres-sous-les-Côtes, des citoyens, des militants de syndicats, d’associations, de partis politiques et de collectifs antifascistes de Paris à Francfort et des Alpes jusqu’au Bénélux ont rejoint notre marche unitaire. Il semble clair que si les fascistes s’organisent sans frontières, nous le devons aussi.
Des prises de parole de notre collectif, d’antifascistes d’ici et d’ailleurs, de riverain.es, de députés nationaux et européens jusqu’aux représentantes locales, des voix se sont élevées, contre le bruit des bottes et le silence des pantoufles à Combres et ailleurs.

Même si certains médias aiment mettre en avant les quelques jets de lacrymogènes contre des antifas ayant à peine défié le périmètre de sécurité en dessous du lieu néonazi, la manifestation s’est en somme déroulée sans heurts notables. Même si un minuscule groupe de fascistes a fait une courte apparition, nous avons pu mener notre projet sereinement, et collectivement réussi à mettre les projecteurs sur un centre névralgique de leur idéologie haineuse.

Les autorités et la liberté d’expression

Toute la mobilisation durant, les autorités ont été peu coopératives, voire insolentes et méprisantes envers nos revendications et notre projet de manifestation antifasciste unitaire contre l’insupportable implantation néonazie en Lorraine.

Nous avons dû batailler dur et jusqu’au dernier moment pour rendre cette journée possible. Nos structures ont montré une capacité organisationelle exceptionnelle pour réaliser cette journée contre vents et marées.

La maréchaussée s’est montrée globalement hostile, a bloqué des convois d’infrastructure du village antifa et contrôlé des manifestant.es sur leur route vers le coeur de Meuse des heures durant. Selon notre constat, sans qu’aucun fait matériel ne justifie les arrêtés et mesures surdimensionnées. Nous retenons que trois escadrons mobiles ont préféré protéger la Taverne des nazis que de sécuriser l’évènement.

Une couverture médiatique globalement satisfaisante se retrouve légèrement ternie par le démenti ridicule du propriétaire néonazi de la taverne, valant une demi-page dans L’Est Républicain le jour de la manifestation. Un peu trop sûr de lui, il se trahit par des propos contradictoires où il reconnait la présence de néonazis dans son lieu et sa fidélité à son idéologie nazie.

Non seulement, des « fratries pour la vie » comme les Hammerskins ne se quittent pas en un claquement de doigts mais en plus Jérémy Flament aurait « loué sa salle » à plusieurs reprises à des néonazis en 2024 et Aussi le gaillard recouvert de croix gammées et de paroles suprémacistes type « White Power » a récemment voyagé pour assister à des tournois de MMA néonazis jusqu’en Hongrie.
Mais de quelle prise de distance parle-t-il exactement ?

Vers beaux temps

Nous avons pu, en ce jour de soleil hivernal, renforcer nos liens, crier notre solidarité avec tout.es les antifascistes persécuté·es, comme Maja, Gino, Zaid et les autres. Nous avons commémoré les victimes des naziskins (Skinheads nazis, à ne pas confondre avec le mouvement skinhead) et crié notre solidarité avec celles et ceux qui sont persécuté·es par la police ICE aux États-Unis et par Frontex aux frontières de l’UE.

Nous avons été nombreux et nombreuses, de tous les spectres politiques de la gauche et de l’écologie pour une manifestation antifasciste unitaire. C’est l’implication d’une gauche organisée diverse et déterminée de Meuse et d’ailleurs qui a conduit à la réussite d’une telle journée. Notre action contre les nazis en Meuse et ailleurs ne fait que commencer.

Rendez-vous bientôt pour briser le silence dans les campagnes et continuer de construire un antifascisme pluriel et visible.
Nous reviendrons. Ce n’est que le début. La bataille contre les Hammerskins et toutes les organisations fascistes continue.

Collectif Fermez-la ! (taverne de Thor) , 10 février 2026
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